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Jeu de bonneteau: neuf personnes mises en examen à Paris dont un policier

BFM M.Re avec AFP
Un homme tenant une table clandestine à proximité de la Tour Eiffel.

Un homme tenant une table clandestine à proximité de la Tour Eiffel. - BFM Paris

Un policier de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne figure parmi les mis en examen. Au total, le groupe pouvait installer sur la voie publique jusqu'à 20 tables par jour, générant chacune jusqu'à 3.000 euros de gains quotidiens

Neuf personnes, suspectées d'appartenir à un groupe criminel roumain arnaquant les touristes, notamment près de la Tour Eiffel, ont été mises en examen mercredi à Paris, a appris jeudi l'AFP de source judiciaire. Quatre d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

Sur 22 suspects interpellés et placés en garde à vue en début de semaine dans les locaux du Service central des courses et Jeux (SCCJ) et de la Sous-direction de la lutte contre l'immigration irrégulière (SDLII), 13 ont été relâchés sans poursuite à ce stade, tandis que neuf ont été présentés à un juge d'instruction mercredi.

Un policier parmi les mis en examen

Parmi les personnes mises en examen, figure un policier de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), soupçonné d'avoir informé le réseau des opérations policières contre rémunération, mais aussi la compagne du chef du réseau présumé, basé en Roumaine, et considérée comme sa lieutenante.Ce dernier a échappé aux arrestations. Il devrait faire l'objet prochainement d'un mandat d'arrêt européen, selon une source proche du dossier.

Le réseau est accusé d'avoir abusé des touristes aux abords du Champs-de-Mars avec le jeu du bonneteau. Le principe: promettre à la victime de pouvoir facilement gagner de l'argent en retrouvant une balle sous un gobelet.

En réalité, les seuls gagnants sont les complices de celui qui manipule les gobelets. Ils jouent le rôle de faux joueurs et incitent les touristes à parier de l'argent, avec une mise initiale de 50 euros en général, avant de faire monter les enchères.

3.000 euros de gains quotidiens

Au total, le groupe pouvait installer sur la voie publique jusqu'à 20 tables par jour, générant chacune jusqu'à 3.000 euros de gains quotidiens. Soit un chiffre d'affaires annuel estimé à plus d'un million d'euros par la police judiciaire.

Si la police interpelle régulièrement des "petites mains" de ces réseaux, ce démantèlement a permis d'appréhender "des chefs" et de "démontrer qu'on a affaire à un vrai groupe criminel organisé", avait assuré la source proche du dossier au moment des interpellations.

Les investigations portent sur plusieurs infractions en bande organisée: escroquerie, opérations de jeux d'argent et de hasard prohibés, blanchiment, corruption active et passive.