"Je ne vis plus": une Parisienne porte plainte pour de nombreux tags antisémites devant son logement, une enquête ouverte

Croix gammées, étoiles de David rouge sang… Nancy, une habitante du 11e arrondissement de Paris, raconte être la victime d'actes antisémites répétés devant son domicile depuis désormais deux mois.
"Tu souffriras"
À plusieurs reprises au cours de ces dernières semaines, Nancy a retrouvé de nombreux tags recouvrant sa porte d'entrée, sa boîte aux lettres, mais aussi les parties communes de l'immeuble dans lequel elle réside, notamment les escaliers, ou plus récemment encore, la cage d'ascenseur.
On peut y lire "Sale juive morte 10e étage", étage auquel habite Nancy. Parmi les tags, Nancy a aussi retrouvé des menaces de mort et de torture. "Tu souffriras", est-il écrit sur l'un de ces graffitis.
"C'est pas quelqu'un qui s'amuse en fait. C'est trop grave, trop gros, c'est… trop", constate difficilement Nancy, sur BFM Paris Île-de-France.
D'après elle, les actes sont "forcément" l'œuvre de "quelqu'un de l'immeuble". "Mes voisins proches à qui je parle ici se disent que ce n'est pas possible autrement", ajoute-t-elle.
"Il y a eu des lettres anonymes. Ensuite on a eu les escaliers de tagués, le côté de la porte. Et après, il y a à peu près 15 jours, sont arrivés les mots car au départ ce n'était que des dessins. Là, ça a commencé à monter en grade", décrit Nancy.
"Je me sens menacée"
En tout, la mère de famille affirme avoir déposé six plaintes au commissariat du 11e arrondissement. Le parquet de Paris confirme auprès de BFM Paris Île-de-France que "plusieurs plaintes ont en effet été déposées", et qu'une "enquête du chef de dégradations en raison de la religion a été confiée au commissariat du 11e arrondissement".
"Pratiquement tous les trois jours, je suis à la police pour porter un complément de plainte. Je ne dors plus. Je ne vis plus. J'ai l'impression que je suis abandonnée là. Je me sens menacée, et en colère aussi parce que je ne comprends pas qu'on puisse attaquer comme ça et que rien ne bouge", déplore-t-elle.
Nancy précise avoir également contacté la Licra pour alerter de sa situation. Pour l'instant aucun suspect n'a été interpellé. Et si certains lui conseillent de quitter son logement pour fuir les menaces, aux yeux de Nancy, il est hors de question de partir de l'appartement dans lequel elle a passé son enfance avec ses parents.
Le bâtiment dans lequel elle vit a par ailleurs connu un grave antécédent en termes d'antisémitisme: c'est dans ce même édifice que Mireille Knoll, survivante de la Shoah, a été mortellement poignardée le 23 mars 2018.
Le meurtrier avait été condamné fin 2021 à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, pour le meurtre à caractère antisémite de cette femme alors âgée de 85 ans.











