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Essonne: ce que l'on sait des rixes ayant causé la mort de deux adolescents en 24 heures

BFM Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
L'entrée du collège du Pont-de-Bois à Saint-Chéron, le 23 février 2021, près duquel une collégienne de 14 ans a été tuée d'un coup de couteau lors d'une rixe la veille

L'entrée du collège du Pont-de-Bois à Saint-Chéron, le 23 février 2021, près duquel une collégienne de 14 ans a été tuée d'un coup de couteau lors d'une rixe la veille - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Depuis le début de la semaine, une collégienne et un jeune de 14 ans ont été tués dans le département. Selon les premiers éléments, ils auraient été victimes d'affrontements entre bandes rivales.

Un phénomène qui "gangrène" le département. C'est ainsi que Caroline Nisand, la procureure de la République d'Évry, a qualifié mardi la multiplication des rixes dans l'Essonne. En l'espace de 24 heures, deux adolescents ont été tués lors d'affrontements "entre bandes".

· Une première rixe à Saint-Chéron lundi

Il est près de 15 heures, lundi, lorsqu'éclate la première altercation. Elle oppose des jeunes issus des communes de Dourdan et de Saint-Chéron, "vêtus de noir et portant des capuches", a relevé la procureure d'Evry. C'est dans ce contexte que Lilibelle reçoit un coup de couteau au ventre. Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agissait d'un "Opinel". Transportée en urgence vitale à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, l'adolescente est morte au cours de la nuit de lundi à mardi.

Âgée de 14 ans, elle était en 3e en classe relais au collège Jean Moulin, dans la commune de La Norville, et avait fugué récemment. Des dispositifs d'écoute seront mis sur pied lundi pour les élèves.

Au total, six mineurs, uniquement des garçons âgés de 14 à 16 ans, ont été placés en garde à vue lundi après-midi. Trois se sont rendus à la gendarmerie de leur propre chef. "L'un des mineurs a reconnu son implication dans le coup mortel porté à la victime", a précisé Caroline Nisand. L'intéressé est déjà connu des services de justice.

Une enquête, portant sur des faits de meurtre sur mineur de 15 ans et de violences en réunion, a été ouverte. Elle a été confiée à la section de recherches de Paris, en cosaisine avec le groupement de l'Essonne. 

La victime fera l'objet d'une autopsie ce mercredi matin.

· Une deuxième rixe à Boussy-Saint-Antoine mardi

La seconde rixe survient mardi en fin d'après-midi à l'autre bout du département de l'Essonne, dans la commune de Boussy-Saint-Antoine. Une bagarre impliquant une soixantaine de personnes éclate alors autour de 16 heures, au niveau du parking de la piscine, a appris BFM Paris de sources concordantes. De son côté, le parquet d'Évry a affirmé à BFMTV qu'une trentaine d'individus seulement étaient concernés. Les individus sont équipés de barres de fer, de béquilles ou encore de couteaux.

Dans l'affrontement, un adolescent de 14 ans reçoit un coup de couteau mortel au thorax. Deux autres jeunes, âgés de 13 et 16 ans sont blessés, le plus jeune gravement au cou. Son pronostic vital est engagé, selon le parquet d'Évry. Son état est stable, assure une source proche du dossier. Tous sont originaires de Quincy-sous-Sénart.

À ce jour, six mineurs ont été interpellés dans le cadre d'une enquête portant sur des faits de meurtre sur mineur de 15 ans et de tentative de meurtre sur mineur de 15 ans. Les investigations ont été confiées à la sûreté départementale de l'Essonne.

Un autre jeune, âgé de 15 ans, s'est rendu de lui-même au commissariat avec sa mère mardi soir. Il a expliqué aux enquêteurs être l'auteur des coups de couteau, a appris BFMTV de source proche du dossier. Il y a donc au total sept jeunes en garde à vue dans cette affaire.

Selon nos informations, la thèse d'un règlement de comptes opposant des individus originaires d'Épinay-sous-Sénart à des jeunes de Quincy-sous-Sénart est privilégiée.

· Un département touché par les phénomènes de rixes

Endeuillé par ces deux morts, le département craint de nouveaux débordements dans les jours à venir. En ce sens, Gérald Darmanin a annoncé mardi le déploiement de 100 policier en renfort.

Sur l'ensemble de l'année 2020, un total de 350 affrontements entre bandes rivales a été oberservé par le ministère de l'Intérieur sur le territoire national. 186 de ces rixes ont eu lieu en Île-de-France, 99 rien que dans l'Essonne. Dans le département, ces phénomènes se concentrent d'ordinaire autour de Massy, Évry, Corbeil-Essonnes ou Draveil.

Le préfet du département a prévu de réunir les maires des communes concernées par ces altercations lundi pour réfléchir à des solutions pour endiguer le problème.