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Ce que l'on sait de la rixe mortelle près du lycée Rodin dans le 13e arrondissement de Paris

BFM Vincent Vantighem, Mathias Tesson, Boris Kharlamoff, Milan Argelas et Sebastien Riou, avec Juliette Moreau Alvarez et Glenn Gillet
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Une rixe entre une dizaine de jeunes a éclaté mardi 17 décembre au matin dans le 13e arrondissement de Paris. Un adolescent de 16 ans est mort après avoir été blessé par arme blanche.

Une rixe, impliquant une dizaine de jeunes adolescents, a éclaté ce mardi 17 décembre rue Corvisart, à proximité du lycée Rodin dans le 13e arrondissement de la capitale, a appris BFMTV de sources concordantes. Selon nos informations, un jeune de 16 ans est mort lors de l'altercation et un autre a été interpellé.

• Un adolescent mort par arme blanche

L'altercation a eu lieu dans la matinée devant l'établissement scolaire. Le parquet de Paris indique avoir été avisé des faits à 8h30. Un mineur de 16 ans a d'abord été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire devant le lycée. Il présentait des blessures à la tête, et un couteau a été retrouvé près de lui.

Un gardien d'immeuble à proximité a prodigué les premiers secours avant l'arrivée du Samu. "C'est un jeune... Je suis papa donc je connais un peu la jeunesse. Malheureusement aujourd'hui, c'est comme ça, c'est dommage", confie Manuel à BFMTV.

En dépit des tentatives de réanimation du Samu, l'adolescent a été déclaré mort à 9h15, des suites de sa blessure par arme blanche. Né en octobre 2008, il habitait à Ivry-sur-Seine et était scolarisé dans le Val-de-Marne, a appris BFMTV auprès du parquet.

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris est intervenue et a dépêché cinq engins sur place, notamment trois véhicules de secours et d'assistance aux victimes.

• Une enquête ouverte, un mineur interpellé

L'enquête, d'abord ouverte pour "meurtre" et confiée à la sûreté territoriale de Paris, a été requalifiée en "meurtre avec préméditation", selon le parquet. Une personne a été interpellée, a appris BFMTV de source policière. Il s'agit d'un mineur, né en 2008. Selon le parquet à BFMTV, il est trop tôt pour savoir s'il est directement lié à la mort de l'adolescent.

Contacté par BFMTV, le lycée a refusé le moindre commentaire. Un dispositif de sécurisation du secteur a été mis en place ce mardi matin et une cellule psychologique a été mise en place "en direction des élèves qui rentraient dans l'établissement au moment de ces faits", assure l'édile du 13e arrondissement Jérôme Coumet.

Rodrigo Arenas, député d'une partie du 13e arrondissement, demande également la mise en place "d'un accueil et d'un suivi psychologique notamment des enfants plus jeunes qui sont dans les écoles attenantes et qui ont assisté à la scène de réanimation".

• La victime déjà blessée par arme blanche la semaine dernière

L'adolescent qui a succombé à ses blessures avait déjà été blessé par arme blanche le 10 décembre dernier, à proximité du lycée René Cassin, dans le 16ème arrondissement, a appris BFMTV auprès du parquet.

Le parquet de Paris avait alors confié au commissariat du 16ème arrondissement une enquête pour "violences volontaires en réunion aux abords d'un établissement scolaire", a-t-on appris de même source.

Des riverains avaient fait appel à la police, ayant assisté à une bagarre, au cours de laquelle un coup de couteau aurait été porté. La victime avait quitté les lieux, accompagnée d'un autre garçon. Tous deux avaient été retrouvés plus loin, et avaient nié toute présence aux abords de l’établissement et toute bagarre, bien que l'un d'eux était blessé à la jambe.

• Plusieurs réactions politiques

Le député de La France insoumise a par ailleurs été l'un des premiers à réagir au drame. Il adresse ses "pensées à la famille et aux proches de la victime".

Après s'être rendu sur place aux côtés de Sandrine Rousseau, les deux députés tiennent à préciser que "ce qui s'est passé n'est pas anodin, mais on n'est pas ici dans une guerre civile".

Sandrine Rousseau, députée de la circonscription où se sont déroulés les faits, apporte "tout son soutien aux proches de cet enfant qui a été tué" ainsi qu'aux personnes "qui ont assisté à la scène" et "au personnel enseignant, qui n'ont pas de lien avec la rixe".

Le maire d'arrondissement Jérôme Coumet (divers gauche) a exprimé sa "sidération" sur BFMTV après l'annonce de la mort de l'adolescent. Il s'est dit "triste et en colère" de "voir un adolescent disparaître dans ces conditions".

"De telles violences sont intolérables, encore moins dans et aux abords de nos établissements scolaires", a de son côté commenté sur X le député socialiste de Paris Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo et candidat à la maire de Paris, adressé également ses "pensées" aux proches de la victime.

Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la région Île-de-France, a elle aussi exprimé ses "pensées" aux proches de la jeune victime. "La région est engagée dans la lutte contre les rixes de bandes et nous poursuivons sans relâche la sécurisation des espaces publics et des établissements scolaires. Nous le devons aux élèves et à leurs familles", écrit-elle.

• Un phénomène de rixes récurrent

Selon le parquet de Paris à BFMTV, les rixes entre jeunes est un phénomène récurrent sur le secteur du 13e arrondissement. Huit affrontements ont été constatés depuis le mois de mai 2024.

Au total, en 2024, 17 rixes impliquant des groupes ont été répertoriées dans la capitale, selon la même source. Elles ont fait deux morts et 63 blessés.

Ce phénomène a par ailleurs fait l'objet d'une attention resserrée de GLTD spécifiques (Groupements locaux de traitement de la délinquance), réunissant le parquet de Paris, la préfecture de police, la préfecture de région, la ville de Paris, l'Éducation nationale et la protection judiciaire de la jeunesse, afin que les signes précurseurs soient détectés au plus tôt.