"C'est incompréhensible": le centre d'accueil pour personnes sans-abri d'Argenteuil ferme ses portes

"On repart à l'aventure". Aujourd'hui, lundi 31 juillet, le Centre d'hébergement d'urgence d'Argenteuil (Val d'Oise), ferme officiellement ses portes, laissant une centaine de personnes sans-abri sans solution.
La fermeture de l'établissement, ouvert en 2009, a été ordonnée par la mairie pour laisser place à un projet immobilier. Alors que cette décision est annoncée depuis plusieurs mois, le comité de défense du CHU avait déposé un référé-liberté, rejeté vendredi 28 juillet par le tribunal administratif de Cergy, précise nos confrères du Parisien.
"C'est le parcours du combattant"
Cette structure, qui compte 18 places en hébergement de nuit, accueillait de jours plusieurs centaines de sans-abri. Sur place, ils pouvaient trouver de quoi prendre une douche, manger ou encore faire des lessives. Désormais, leur principale préoccupation est de retrouver un autre lieu.
"On ne nous a rien proposé du tout. On repart à l'aventure. C'est vrai que d'autres alternatives au niveau des centres il y en a, mais c'est le parcours du combattant tous les jours, ne serait-ce que pour se laver ou pour manger", regrette Philippe, bénéficiaire du centre d'hébergement depuis près d'un an, au micro de BFM Paris Ile-de-France.
De son côté, la mairie d'Argenteuil assure avoir proposé des solutions de relogement à chacun des bénéficiaires. Mais ces propositions ne satisfont pas le comité de défense du centre ainsi que les sans-abris.
"On apprend aujourd'hui où on peut aller pour l'accueil de jour. Rien n'a été préparé, la plupart des lieux d'accueil sont à Paris. C'est assez ahurissant. On nous parle de Bezons aussi, mais c'est saturé et ils le savent", pince Anne-Marie Barthélémy, porte-parole des résidents du centre au micro de BFM Paris Ile-de-France.
De son côté, Philippe critique lui aussi l'aspect géographique de ces propositions. "Si on suit la liste qu'on nous a proposé, on fait des kilomètres à n'en pas finir. C'est incompréhensible", regrette celui qui est né et a vécu toute sa vie à Argenteuil. "Je suis un mec d'Argenteuil, je suis né ici. Le minimum c'est que ma ville aide les gens dans notre situation, pas nous cracher dessus", ajoute-t-il.
Les élus d'opposition dénoncent un "projet spéculatif"
Si la question de la localisation est importante, c'est aussi celle de l'intégration dans la société qui inquiète le comité de défense.
"C'est perdre toutes attaches, toutes relations sociales de façon brutale. On n'a pas le droit de traiter des êtres humains comme cela", affirmait Anne-Marie Barthélémy, vendredi 21 juillet lors d'une manifestation organisée contre la fermeture du centre.
Du côté de l'opposition de gauche, la décision est vivement critiquée. "C'est une facon de chasser les plus pauvres d'Argenteuil. Le maire est connu en la matière et pratique une politique brutale d'une droite qui se radicalise", explique Paul Vannier, député Insoumis du Val-d'Oise à BFM Paris Ile-de-France.
Pour l'élu, il s'agit ici uniquement d'un "projet immobilier, un projet de spéculation qui gagne, et qui va conduire à la fermeture de ce centre". Et d'ajouter: "C'est l'argent plutôt que les gens qui triomphe après cette décision du maire".
Malgré la fermeture et la décision du tribunal administratif de Cergy, un recours a été déposé devant le conseil d'Etat.











