À Aulnay-sous-Bois, des jeunes se relaient à une station-essence pour fluidifier le passage

Depuis le début du mouvement de grève dans les raffineries du pays, le ravitaillement du carburant aux pompes est plus difficile. Pour éviter les frustrations et les scènes presque chaotiques de ces derniers jours dans certaines stations-essences franciliennes, des jeunes d'Aulnay-sous-Bois se mobilisent.
À l'Intermarché Chanteloup, avec la pénurie, la situation était devenue invivable pour les habitants du quartier. Lassés d’entendre les automobilistes mécontents juste sous leurs fenêtres, une vingtaine de jeunes du quartier ont décidé de réguler les entrées à la pompe et d'aider les automobilistes.
Moins de temps d'attente
Ils sont en tout plus d'une vingtaine à participer à cette régulation, et chaque jour ils sont entre cinq et dix à être présents sur cette station. Les temps d'attente sont minimes, entre 20-30 minutes aux heures de pointe contre deux heures dans certaines stations.
Ils font également très attention à ce que les règles imposées par le gouvernement soient respectées: les soignants et autres personnes prioritaires passent en premier. Ils font attention à ce que les passages piétons restent accessibles. Ils font tout cela de manière bénévole, après leur travail ou leurs cours.
"Là, le monsieur est en panne du coup on va l'aider, on ne va pas le laisser en galère comme ça", explique Mohammed, l'un des jeunes volontaires, à BFM Paris Ile-de-France.
Le calme retrouvé à la station
Depuis que ce groupe de jeunes régule la station-service, ni querelles, ni klaxons, que des sourires satisfaits. "Je ne viens que là, je ne vais pas chercher ailleurs. Le prix est raisonnable et en plus c'est organisé, donc il n'y a pas photo", indique une automobiliste.
"Avec les hommes qui nous guident, qui nous aident et qui nous mettent sur le bon chemin, vraiment bravo à cette équipe de jeunes", remercie une autre automobiliste, au micro de BFM Paris Ile-de-France.
Pour les remercier, certains conducteurs ont un petit mot gentil, d'autres leur offrent des jus ou des croissants. Depuis, la bonne ambiance règne, pour le plus grand bonheur des habitants du quartier. "Maintenant les gens sourient, ils rigolent avec nous, ils sont courtois, ils sont gentils et il y a moins de cris, il n'y a plus de klaxons", assure Isaac, un jeune qui participe à l'opération d'aide.
Bientôt une association?
Une habitante du quartier confie à notre micro être "fière". "On parle toujours du quartier en négatif et là ils font quelque chose de bien", se félicite-t-elle.
Avec l’aval de la mairie, ces jeunes entendent poursuivre leur action jusqu’à la fin de la pénurie. Fiers du travail qu'ils ont accompli en si peu de temps, ces derniers souhaitent montrer l'exemple et casser les clichés sur les banlieues. Ils pensent même à monter une association ou un mouvement pour mettre en place d'autres actions.











