Pollution en Méditerranée: ce Français prend les devants et nettoie lui-même les fonds marins

Bouteilles de bière, emballages plastiques, trousses de vacances abandonnées... En Méditerranée, à 300 mètres à peine du rivage, les fonds marins sont jonchés de détritus. Face à ce constat dramatique, certains ne baissent pas les bras. Parmi eux, Laurent Lombard s'est lancé le pari de nettoyer la mer, en plongeant.
150 litres de déchets en 2 heures
Deux heures sous l'eau lui suffisent pour récolter 150 litres de déchets, dont 200 bouteilles d'alcool. Une récolte qui désole Laurent Lombard:
"Les gens les jettent directement depuis les rochers. Là, il y en a pour des années pour tout nettoyer", dresse-t-il, amer, devant nos caméras.
Son action est félicitée par les locaux:
"C'est quelque chose qui devrait se faire plus souvent pour prendre conscience de ce qu'il se passe sous l'eau. Rien qu'en mettant un masque, même au bord de l'eau, on se rend compte à quel point c'est pollué", regrette une habitante.
Comme lui, de plus en plus de Français se lancent des défis pour nettoyer les zones naturelles, notamment visible sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Trashtagchallenge.
10.000 tonnes de plastique chaque année
En juin, l'ONG WWF a justement pointé du doigt la France comme le pays du pourtour méditerranéen qui produit le plus de déchets plastiques, dont plus de 10.000 tonnes atterrissent dans cette mer semi-fermée.
La France a produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques en 2016, soit 66,6 kg par personne, selon un rapport de l'ONG. Si 98% du total ont été collectées, seulement 22% ont été recyclés. Les 2% de déchets plastiques restants génèrent "la fuite de 80.000 tonnes de plastique dans la nature", dont 11.200 tonnes "pénètrent en Méditerranée", a calculé WWF.
Vers un bonus-malus?
Un fléau auquel entend s'attaquer le gouvernement, en présentant ce mardi le projet de loi "pour une économie circulaire", avec notamment la mise en place d'un un "bonus-malus", qui incitera l'incorporation de matières recyclées dans les produits.
Confirmant qu'il y a urgence à agir, Robert Calcagno, directeur de l'Institut océanographique de Monaco, juge donc que ces mesures vont dans la bonne direction :
Il faut "vraiment de développer cette notion d'économie circulaire. Utilisons peu de ressources, éco-concevons les produits, faisons du recyclage", rappelle-t-il à BFMTV. Un triple adage que ne contredira pas Laurent Lombard.











