"On a eu plus de 1,20 mètre d'eau de haut": après le passage de la tempête Ingrid en Bretagne, les habitants constatent les dégâts

Les plages recouvertes d'un épais tapis blanc. Au premier abord, on pourrait croire que la neige a remplacé le sable, mais il s'agit en fait de l'écume de l'eau qui a largement débordé sur les côtes bretonnes. L'océan Atlantique était déchaîné, vendredi 23 janvier, dans le Finistère, avec des rafales à plus de 140km/h sur le littoral à cause du passage de la tempête Ingrid, qui laisse le département en vigilance orange "crues", aux côtés de l'Ille-et-Villaine et du Morbihan ce samedi 24 janvier. La pluie abondante a provoqué une importante montée des eaux dans de nombreuses communes et a causé des dégâts.
Malgré la recommandation de Météo-France de "limiter les déplacements" lors d'une dépression aussi importante, certains habitants ont tenté une promenade improvisée pour observer de leurs propres yeux la "bombe météorologique" sur le bord de mer. "Ça souffle, mais on fait avec", raconte Catherine, qui peine à tenir debout, au micro de BFM.
"Il y a des dégâts un peu partout avec l'accumulation de la pluie", explique un autre passant.


La tempête a laissé des traces
Les inondations ont fait des dégâts dans de nombreux secteurs du Finistère, qui maintient également la vigilance orange pluie-inondation ce samedi 24 janvier. À Quimperlé, où la rivière Laïta est montée de quatre mètres, le passage de la tempête a marqué la commune de 58.000 habitants.
"Les meubles étaient par terre", constate après coup Nathalie Fortin, commerçante, qui a vu sa boutique inondée dans la journée. "J'ai dû remonter les bijoux au cas où."
Un peu plus loin, un hôtel n'a pas été épargné. Au milieu du sol boueux, il est difficile d'énumérer tout ce qui a été endommagé par la montée des eaux.
"Le matériel de caisse, la télévision, notre système son, la salle de jeux, le billard, le baby-foot... On a eu plus de 1,20 mètre d'eau de haut", confie Angélique Muller, propriétaire de l'établissement.
Près de 100 interventions
Au total, la tempête a nécessité 95 interventions des secours dans le département, ce vendredi 23 janvier. Un peu moins de 500 foyers étaient encore privés d'électricité dans la soirée.
En Ille-et-Villaine, département fortement touché par des inondations il y a un an, plusieurs communes maintiennent leurs dispositions pour tenter d'éviter des dégâts supplémentaires. Du côté de Rennes, le plan communal de sauvegarde est en vigueur depuis le mercredi 21 janvier.
"C'est préventif, pour rassurer les habitants et éviter de raviver le traumatisme, y compris psychologique, des crues de janvier 2025", explique Jean-François Mary, président d'Eaux et Vilaine et président de Redon Agglomération.
Météo-France prévoit une baisse d'intensité de la tempête Ingrid ce week-end, mais le risque de crue perdure face à des sols déjà saturés et des cours d'eau sortis de leur lit.











