Crues, inondations... Comment expliquer un épisode pluvieux aussi "exceptionnel"?

Un épisode climatique "exceptionnel". De nombreux départements français ont été touchés cette semaine par de fortes pluies qui ont fait déborder les cours d'eau et provoqué de graves inondations ce jeudi 17 octobre, particulièrement dans le Centre-Est du pays.
La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a évoqué une situation "inédite par son ampleur. 600 millimètres d'eau sur l'Ardèche, c'est du jamais vu de mémoire d'homme".
Jusqu'à "six départements ont été placés en vigilance rouge pluie-inondation et/ou crues le jeudi 17 octobre, ce qui est exceptionnel", souligne Météo-France sur son site internet. "En 20 ans, seul l’épisode de janvier 2022 avait également vu le même nombre de départements simultanément en vigilance rouge pluie-inondation et/ou crues, mais sur une zone géographique différente", précise l'institut météorologique.
"Trois épisodes climatiques"
Ces pluies diluviennes sont la conséquence de "trois épisodes climatiques", selon Agnès Pannier-Runacher, également ministre du Climat et de la Prévention des risques. "Un épisode méditerranéen sur les Alpes-Maritimes, un épisode cévenol sur l'Ardèche, la Loire et le Rhône, et puis cette dépression qui est remontée depuis les Pyrénées-Atlantiques" vers l'Île-de-France, a-t-elle détaillé sur BFMTV-RMC ce vendredi.
Météo-France avait alerté en particulier au sujet d'un "épisode cévenol durable" dans le sud du pays. Cette perturbation a déferlé sur l'Hexagone "sous l'influence de l'ex-ouragan Leslie", un phénomène "aux caractéristiques tropicales marquées" qui est venu s’ajouter à l’air méditerranéen chaud et humide arrivant par le sud, a expliqué sur BFMTV Yann Amice, météorologue chez Weather & Co. Ce sont ces circonstances qui ont provoqué le pire épisode cévenol "depuis 40 ans".
"C'est la réalité de ce qui nous attend désormais, dans le cadre du changement climatique, avec des températures à la surface de la mer qui sont beaucoup trop élevées", pointe Yann Amice.
Des sols détrempés
Les fortes précipitations ont très rapidement provoqué des inondations, la faute à des "sols déjà détrempés" par la dépression Kirk qui a balayé la France la semaine précédente, a poursuivi à notre micro Frédéric Long, prévisionniste chez Météo-France.
Ces intempéries surviennent par ailleurs après un mois de septembre particulièrement humide et considéré par Météo-France le plus pluvieux depuis 25 ans. La période allant du 1er janvier au 9 octobre est également la période où il a le plus plu depuis le début du calcul de l'indicateur pluviométrique national en 1959.
Autre conséquence, les nappes phréatiques sont pleines. "73% des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles", selon le bilan du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) au 1er octobre 2024.
Or ces hauts niveaux peuvent constituer "un facteur aggravant aux ruissellements ou débordements de cours d’eau en limitant l’infiltration des pluies et l’évacuation de l’eau, ou en débordant (phénomène de remontées de nappes) et en contribuant directement à l’alimentation des cours d’eau, plans d’eau et activation de sources", prévient le BRGM.












