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Comment expliquer la tempête Benjamin et pourquoi ce n'est pas une "bombe météorologique" à ce stade

BFM Salomé Robles
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Cette tempête occasionnera de "fortes rafales" de vent sur une "bonne partie du territoire" ce jeudi 23 octobre, avec notamment de grosses vagues sur le littoral. Météo France a placé 18 départements en vigilance orange.

Dix-huit départements sont en vigilance orange pour vents tempétueux et/ou vagues-submersion pour la journée de ce jeudi 23 octobre. Ce mercredi, la tempête nommée Benjamin aborde l'ouest de l'Hexagone, notamment la pointe bretonne. Ce phénomène va apporter des pluies et surtout des vents importants sur tout le pays en progressant à l'intérieur des terres.

La côte atlantique et les régions proches de la Manche seront particulièrement concernées avec des rafales atteignant 90 à 110km/h avec des pointes à 130km/h. Ce jeudi, "en Méditerranée, la tramontane atteint 100 à 120 km/h, tandis qu’à l'intérieur des terres, les valeurs monteront souvent vers les 80 à 100 km/h, localement 110 km/h, voire 120 km/h sur les reliefs", détaille Météo-France.

En cause: le creusement important et rapide d'une dépression en entrée de Manche ce mercredi.

Une dépression qui "se creuse"

"Nous sommes dans une période de l'année où du froid polaire descend à nos latitudes", explique Thibault Corouge, prévisionniste chez Météo France. Parallèlement, nous avons "toujours de l'air chaud et humide qui vient de l'ouest", ajoute le spécialiste, qui précise qu'il s'agit là de "la circulation générale".

Cette rencontre entre les deux masses d'air entraîne alors un "gradient thermique" avec un fort contraste de températures. Des conditions propices à la formation de phénomènes météorologiques intenses comme les tempêtes.

Cette situation permet aux dépressions de se "creuser". "Et plus elles se creusent, plus elles ont de l'énergie pour donner des vents violents", explique Thibault Corouge.

"Là, en plus, cette dépression est liée à une perturbation", ajoute-t-il, ce qui apporte également des épisodes pluvieux sur le pays.

Pas de "bombe météorologique"

En revanche, cette dépression ne semble pas se creuser suffisamment pour parler de "bombe météorologique".

Ce terme désigne une situation où la pression atmosphérique au centre de la dépression diminue d'au moins 24 hectopascals (hPa) en l'espace de 24 heures. Cela provoque une tempête très violente. Dans le cas présent, Météo-France planche sur des scénarios à 15 à 20 hPa au maximum.

"Ça reste une baisse franche et soudaine qui va générer beaucoup de vent", souligne néanmoins le prévisionniste Thibault Corouge.

"C'est pour ça qu'elle a été nommée en tempête", ajoute Météo-France.

En effet, les météorologues parlent là bien d'une tempête, nommée Benjamin.

Des rafales tempétueuses jusqu'à 130km/h

En météo, une dépression est donc une zone où la pression atmosphérique est plus basse que dans les zones autour. "Une tempête est toujours liée au creusement d'une dépression atmosphérique près du sol. Cependant toutes les dépressions ne produisent pas une tempête", détaille Météo-France, ajoutant que l'évolution d'une dépression en tempête dépend surtout de la structure de l'atmosphère en altitude, en particulier de l'état du courant-jet.

Ainsi, si le terme de tempête n'est pas précisément défini, l'usage entend que l'on parle de tempête lorsque les vent approchent "les 100 km/h dans l'intérieur des terres et 120km/h (voire 130km/h) sur les côtes". Ce qui est donc le cas avec notre actuelle tempête Benjamin.

Autre définition plus détaillée: la météorologie marine. Comme l'explique Météo-France, dans cette configuration, une tempête correspond plus précisément à la force 10 de l'échelle Beaufort qui correspond "à des vents moyens de 89 à 117 km/h et des rafales de 110 à 150 km/h".

Vents et vagues-submersion

La dépression qui se creuse donc ce mercredi sur la France est une tempête. Toutefois, selon Thibault Corouge, prévisionniste chez Météo France, celle-ci n'est "pas si exceptionnelle que ça".

En effet, on n'assiste pas à "un phénomène particulièrement précoce", explique-t-il, citant notamment l'exemple de la tempête Amy au début du mois.

Prudence toutefois. Dix-huit départements sont placés par Météo-France en vigilance orange pour la journée de jeudi, quand la totalité du reste l'Hexagone verra jaune. Dès ce mercredi, la Corrèze est en vigilance orange pour un risque de pluie-inondations en raison d'importants cumuls de précipitation déjà enregistrés.

D'autant plus que "les vents, dirigés vers l'ouest, vont soulever la mer", met en garde Thibault Corouge. Ainsi, les littoraux de l'Atlantique, de la Manche mais également de la Corse connaîtront un risque de vagues-submersion. Météo-France prévient "d'une marée assez haute et des surcotes de 4 à 4,5m en Manche et sur le sud de la Corse, et 5 à 6m sur la côte Atlantique".

"Sur la moitié nord du pays, dans la traîne active, les orages pourront être accompagnés de phénomènes tourbillonnaires", ajoute également l'institut météorologique. En outre, les arbres peuvent être particulièrement vulnérables puisqu'une partie d'entre eux n'ont pas encore revêtu leur habit d'hiver et ont conservé leur feuillage. Sans feuilles, les rafales de vent peuvent s'engouffrer entre les branches nues. À l'inverse, avec des feuilles, la prise au vent est bien plus importante et, par conséquent, le risque de casse ou même de chute de l'arbre est accru.

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