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En quoi consiste le plan "grand froid" activé dans de nombreux départements

BFM Salomé Robles
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Après plusieurs semaines de douceur, le mois de décembre s'achève dans le froid. Des températures qui peuvent être dangereuses pour les plus vulnérables, notamment pour les personnes sans domicile fixe.

Le froid continue de s'accentuer ce jeudi 25 décembre. Cette première semaine de vacances scolaires se déroule dans une atmosphère hivernale. En raison de conditions atmosphériques, de l'arrivée d'une goutte froide et d'un vent important, les températures enregistrées sur l'Hexagone sont froides, en particulier sur une large moitié nord du territoire.

Un grand froid est un "épisode de temps froid caractérisé par sa persistance, son intensité et son étendue géographique", selon la définition de Météo-France. Il dure au moins deux jours, pendant lesquels les températures atteignent des valeurs nettement inférieures aux normales saisonnières de la région concernée.

Et un tel épisode peut être particulièrement dangereux pour les personnes fragiles. Les risques sont notamment l'hypothermie (qui peut être mortelle) et les engelures (qui peuvent entraîner des amputations dans les cas les plus graves).

Conséquence, de nombreux départements ont activé leur "plan grand froid", un dispositif gouvernemental qui doit, à l'échelle locale, être actionné par les préfets. C'est le cas, par exemple, de l'Aube, des Vosges, de la Meurthe-et-Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, du Nord, du Pas-de-Calais. On retrouve également dans cette liste non exhaustive le Calvados, l'Orne, la Mayenne, la Manche ou encore les Deux-Sèvres.

Un dispositif d'urgence

Cette veille saisonnière, qui peut être mise en place du 1er novembre jusqu'au 31 mars par les autorités, a comme objectif de prendre des mesures préventives ou curatives pour les personnes les plus à risques: les enfants en bas âge, les personnes âgées, les personnes isolées, les sans domicile ou encore les malades chroniques.

Face à ces dangers, le plan grand froid permet d'ouvrir, de manière temporaire, des places d'hébergement supplémentaires pour les personnes sans domicile. Sont concernés les bâtiments non prévus pour l’habitation, comme les gymnases, les écoles ou les salles municipales.

Le dispositif permet aussi aux préfets d'augmenter les moyens humains et financiers dédiés aux maraudes ou au 115, le numéro d'urgence pour les personnes sans abri. La réorganisation des services hospitaliers est également une option.

Enfin, l'information et la prévention sont également un autre volet de ce plan grand froid. Les services de l'État sont ainsi tenus de communiquer sur les différents risques de cette météo et sur les mesures à prendre face à cette vague de froid.

Attention particulière pour les plus vulnérables

Comme l'indique la ville de Paris sur son site, le plan national grand froid définit donc "les actions à mettre en œuvre aux niveaux local et national pour détecter, prévenir et limiter les effets sanitaires et sociaux liés aux températures hivernales, en portant une attention particulière aux populations vulnérables".

Pour cela, il est composé de trois niveaux. Le premier (temps froid) peut être déclenché quand les températures sont positives dans la journée mais comprises entre 0 et -5°C la nuit.

Le niveau 2 concerne des températures négatives le jour et comprises entre -5 °C et -10 °C la nuit. Cet échelon a notamment été activé dans le département de la Somme dès ce mercredi. Comme le rapporte Ici, les services d’accueil de jour, les maraudes et le Samu social voient ainsi leurs horaires étendus et sont renforcés en personnel. En outre, des places supplémentaires d’hébergement sont également ouvertes.

Enfin, le niveau 3 (froid extrême) correspond à des températures négatives le jour et inférieures à -10 °C la nuit.

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Risque d'hypothermie ou de gelures

La ville de Paris rappelle les signes annonciateurs de l'hypothermie: température du corps inférieure à 35 °C, somnolence, fatigue, baisse de la force musculaire, frissons et grelottements, perte d’équilibre, maladresse... Ceux des gelures sont une décoloration de la peau, l'apparition de taches blanchâtres, une sensation de douleur ou de brûlure puis d’engourdissement. "Il peut exister un risque important, voire mortel, pour sa santé. Prévenez rapidement un médecin ou appelez le 115", précise la municipalité sur son site.

La journée de ce jeudi sera particulièrement fraîche. Il fera en moyenne 3°C sur le territoire. Et ces températures basses devraient se maintenir "au moins jusqu’au dimanche 28 décembre", prévient Météo France, notamment sur la moitié nord du pays.

À Albert (Somme), tôt ce jeudi matin, il a fait -2°C ressenti -10. Même constat à Rouen (Seine-Maritime) où le thermomètre indiquait -1°C avec un ressenti de -9. D'autres villes n'ont pas été épargnées: -1°C à Tours (Indre-et-Loire), 0°C à Lyon (Rhône) ou encore 0°C à Paris, soit trois degrés de moins que les normales de saison, avec un ressenti de -5. Dans l'est de la France, il a aussi fait particulièrement froid avec -2°C à Metz et -1°C à Reims, soit trois degrés en dessous des normales de saison. En outre, plusieurs régions ont connu des chutes de neige dans la nuit.

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