Un professeur d'histoire de l'université Lyon-2 fait polémique en publiant une liste de "20 génocidaires à boycotter", l'enseignant dénonce "une calomnie"

"Vingt génocidaires à boycotter en toutes circonstances." C'est avec cette mention qu'un professeur d'université lyonnais a publié la liste, sur ses réseaux sociaux, de personnalités et célébrités de confession juive, ou présumées juives. Dessinateur, acteurs, économiste, chef d'entreprise, rabbin... Sont cités par exemple Charlotte Gainsbourg, l'animateur Arthur, Michel Boujenah ou encore Yonathan Arfi, le président du Crif.
"J'ai trouvé ça extrêmement choquant", réagit ce dernier auprès de BFMTV. "De désigner à la vindicte populaire vingt personnes, de qualifier de génocidaires des personnalités françaises."
"C'est un cap qui est franchi et qui doit être dénoncé par tous."
L'université "se désolidarise"
L'auteur de cette liste, postée le 20 septembre mais dénoncée ces derniers jours, est un enseignant d'histoire médiévale à l'Université Lyon-2. Il reprend les noms signataires d'une tribune, publiée le 19 septembre dans les colonnes du Figaro et qui appelait Emmanuel Macron à conditionner la reconnaissance de l'État palestinien. La tribune a été diffusée trois jours avant que le président de la République reconnaisse officiellement l'État de Palestine à New York.
"Ce poste est extrêmement représentatif de ce que nous vivons, c'est-à-dire une période d'assignation permanente au conflit entre Israël et le Hamas, comme si les Français juifs seraient comptables de ce qui se passe entre Israël et le Hamas", poursuit Yonathan Arfi.
L'université Lyon-2 a réagi dans un communiqué et se dit "très choquée". "Nous condamnons avec la plus grande fermeté le contenu de cette publication, qui ne représente aucunement notre université ni les valeurs qu’elle défend et transmet." L'administration assure se "désolidariser complètement" et entend prendre des "mesures".
La Licra a également dénoncé une "attitude ignominieuse" et indique se tenir "à la disposition de chacune des personnes diffamées pour les assister en justice". "C'est de la provocation à la discrimination et à la violence", écrit la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme sur X.
Le député Laurent Wauquiez, ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a quant à lui dénoncé un "antisémitisme ordinaire d'extrême gauche" "proprement hallucinant", notamment dans les établissements d'enseignement supérieur.
Le professeur dénonce "une calomnie"
Le professeur en question a depuis lui-même réagi sur les réseaux sociaux. Il dénonce à son tour "une calomnie" et une capture d'écran "tronquée". Il souligne également une confusion entre "juifs" et "sionistes partisans du génocide en Palestine", une "confusion typiquement antisémite".
Auteur d'un article intitulé "Antisémitisme de gauche": la grande fake news, il estime que les dénonciations dont il fait l'objet s'appuient sur un antisémitisme de gauche qui n'existe pas et sont surtout "une campagne suscitée en rétorsion à (son) article". "Signe encourageant que cet article, dont la fin est consacrée aux falsifications sionistes actuelles, a touché juste!", ajoute le professeur d'histoire.
Capture d'écran à l'appui, il annonce également recevoir des menaces depuis la prise de parole de la Licra, deux mois après la publication de sa fameuse liste. Il assure qu'un mail le traite notamment de "sale petite merde de nazi".













