Lyon 2: Grégory Doucet dénonce les menaces de mort "intolérables" visant la présidente de l'université
Le maire écologiste de Lyon, Gregory Doucet, à l'Élysée, à Paris, le 4 juillet 2023 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Il dénonce un "climat tendu" à l'université de Lyon 2. Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet apporte ce mardi 22 avril "son soutien" à la présidente de la faculté Isabelle von Bueltzingsloewen qui a fait l'objet de menaces de mort pour lesquelles une enquête a été ouverte.
"Les menaces de mort dont elle est victime sont intolérables. Elles s’inscrivent dans un climat déjà tendu, marqué notamment par l’intrusion d’un groupe d’étudiants lors d’un cours début avril. Une atteinte inacceptable à la liberté d’enseigner", dénonce-t-il sur Facebook, se "joignant au communiqué de France Universités".
Le parquet de Lyon a indiqué lundi avoir ouvert une enquête pour "menace de mort sur personne chargée d'une mission de service public et harcèlement en ligne". L'université Lyon 2 est au cœur de vifs débats depuis l'intrusion, le 1er avril, d'un groupe de personnes encagoulées lors d'un cours de Fabrice Balanche, spécialiste reconnu de l'Irak et de la Syrie. Vivement pris à partie par des militants le taxant de "raciste" et "sioniste", il avait mis fin à son exposé et quitté l'amphithéâtre.
L'incident avait suscité une large condamnation tandis que le professeur avait annoncé sur BFMTV son intention de porter plainte. Deux semaines plus tard, dans un entretien à la Tribune de Lyon, sa présidente Isabelle von Bueltzingsloewen avait encore dénoncé des "faits intolérables".
Elle avait aussi regretté "l'emballement médiatique disproportionné" autour de l'affaire et avait épinglé les "paroles affligeantes, complotistes et délétères pour l'université" prononcées par Fabrice Balanche, qui avait dénoncé dans de nombreux médias "l'islamo-gauchisme" en vigueur selon lui à Lyon 2.
"Un pilier de notre démocratie"
Depuis cet article, les prises de position vis-à-vis de la présidente de l'université se sont multipliées. Jugeant sa réaction "inadmissible", le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Fabrice Pannekoucke et son prédécesseur devenu conseiller spécial, Laurent Wauquiez, ont aussi demandé au ministre de l'Enseignement supérieur une mission d'inspection sur "les dérives préoccupantes" au sein de Lyon 2.
Le maire de Lyon dit ce mardi se joindre au communiqué de l'association France Universités, regroupant des dirigeants d'établissements, qui a apporté son soutien à Isabelle von Bueltzingsloewen "victime d'une polémique inacceptable et stérile sur les fantasmes de l''islamo-gauchisme' et du 'wokisme' à l'université".
"La liberté académique est un pilier de notre démocratie. Elle implique la possibilité de débattre, de critiquer, de produire du savoir, dans le respect du cadre républicain, des personnes et des institutions", estime Grégory Doucet.
"Les enseignants comme les responsables universitaires doivent pouvoir exercer leurs missions sereinement, à l’abri de toute pression ou menace. Les responsables politiques n’ont pas à remettre en cause, directement ou indirectement, la liberté académique comme la libre administration des universités", poursuit-il.
L'élu dénonce également ceux qui "cherchent à instrumentaliser, à affaiblir la science et la recherche ou à en tirer un bénéfice personnel" et appelle à défendre l'université comme "lieu de débat, de transmission et d'émancipation".
Le chercheur et professeur Fabrice Balanche avait de nouveau pris la parole sur X ce lundi 21 avril après-midi pour apporter "tout (son) soutien à Madame la présidente de Lyon 2 dans cette épreuve".













