Xi Jinping, le mystérieux nouveau leader chinois

Xi Jinping, successeur de Hu Jintao - -
Le 18e congrès du Parti Communiste chinois s'ouvre ce jeudi, il durera jusqu'à mercredi prochain (du 8 au 14 novembre). Il doit renouveler les plus hauts dirigeants au pouvoir et nommer le successeur de Hu Jintao. Sauf surprise, c'est Xi Jinping, actuel vice-président, qui devrait accéder à la tête du Parti, puis du pays en mars 2013. Le comité permanent du politburo, l'appareil politique dirigeant, verra également 7 membres sur 9 partir à la retraite. Un roulement qui n'a pas eu lieu depuis dix ans.
« Une nomination opaque et secrète »
Loin du jeu démocratique et de la transparence, la Chine a un mode de désignation de ses dirigeants bien à elle, comme le constate Joris Zylberman, un des auteurs du livre « les Nouveaux communistes chinois », sorti le 24 octobre en France. « C’est toujours le jeu de tractations secrètes et opaques. Personnes ne sait exactement ce qu’il se joue en coulisses. On sait vaguement qu’il y a des factions conservatrices d’un côté, réformatrices de l’autre. Ensuite le leader qui émerge est dépendant des autres membres du comité permanent du politburo. Dans cette mesure-là, la décision est tout sauf une dictature absolue mais une dictature collégiale. La dictature du parti et pas celle d’un seul homme ».
Un futur président richissime
Xi Jinping, ancien maire de Shanghaï, prendra les rênes du pays pour cinq ans. Agé de 59 ans, il passe pour quelqu'un de plus décontracté que l'actuel président, moins rigide, plus pragmatique. Amateur de films hollywoodiens, cet homme au visage rond et jovial est également de 10 ans plus jeune que Hu Jintao. Marié à la très populaire chanteuse chinoise Peng Liyuan, Xi Jinping est avant tout un pur produit de l'aristocratie chinoise, avec un fort penchant nationaliste. Très lié à l'armée et aux milieux affairistes, il serait, avec sa famille, à la tête d'une fortune estimée à 300 millions d'euros.
« Xi Jinping doit créer une consommation intérieure »
Le nouveau leader de l’empire du Milieu va être confronté à des défis de taille à cause des conséquences de la crise mondiale. Les produits chinois par exemple se vendent moins en raison de la baisse du pouvoir d’achat, notamment en Europe et aux Etats-Unis. « La Chine a fait sa fortune récemment en étant l’usine du monde, explique Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialiste de la Chine. Et l’usine du monde, ça a des limites surtout quand les clients n’ont plus beaucoup d’argent. Ils sont dans une phase qui a commencé depuis à peu près un an qui consiste à prêter de l’argent. On a parlé d’aide à l’Europe ou aux Etats-Unis. Ce n’est pas possible indéfiniment. Le problème de la Chine, c’est de créer une consommation intérieure, donc augmenter les salaires, donc perdre de la compétitivité sur le plan international. Il y a une équation extrêmement complexe à gérer et ce sera le problème de la prochaine génération sur le plan économique ».













