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Victoire des libéraux du Premier ministre Rutte aux Pays-Bas

Mark Rutte, Premier ministre néerlandais sortant et chef de file du Parti libéral (VVD), a revendiqué jeudi matin la victoire aux élections législatives anticipées de la veille aux Pays-Bas. /Photo prise le 12 septembre 2012/REUTERS/Yves Herman

Mark Rutte, Premier ministre néerlandais sortant et chef de file du Parti libéral (VVD), a revendiqué jeudi matin la victoire aux élections législatives anticipées de la veille aux Pays-Bas. /Photo prise le 12 septembre 2012/REUTERS/Yves Herman - -

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Le monde selon Trump
par Sara Webb et Anthony Deutsch AMSTERDAM (Reuters) - Mark Rutte, Premier ministre néerlandais sortant et chef de file du Parti libéral (VVD), a...

par Sara Webb et Anthony Deutsch

AMSTERDAM (Reuters) - Mark Rutte, Premier ministre néerlandais sortant et chef de file du Parti libéral (VVD), a revendiqué jeudi matin la victoire aux élections législatives anticipées de la veille aux Pays-Bas.

Après dépouillement de 90% des voix, les libéraux étaient crédités de 41 sièges, soit deux de plus que le Parti travailliste.

"Demain, je ferai les premiers pas en vue de la formation d'un gouvernement", a déclaré le chef du gouvernement à la télévision, sans préciser quelle formation il allait consulter.

Diederick Samsom, chef de file du Parti travailliste (PvdA), a reconnu la victoire des libéraux.

"Je viens juste d'appeler Mark Rutte et je l'ai félicité parce que le VVD est à nouveau le parti le plus important", a-t-il expliqué à ses partisans.

Ce sont donc les partis favorables aux politiques de rigueur dans la zone euro qui arrivent largement en tête du scrutin. Le Parti libéral et le Parti travailliste progressent tous deux de dix sièges par rapport à l'assemblée sortante.

Le Parti socialiste, opposé à l'austérité et aux conditions des plans de sauvetage européens des pays en difficulté, n'enregistre aucune progression, bien qu'il ait dominé le début de la campagne.

Le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders, hostile à l'immigration et qui milite pour une sortie de l'Union européenne, pourrait quant à lui perdre le tiers de ses sièges.

Mercredi soir, Diederick Samsom s'est dit prêt à siéger au gouvernement et a lancé un appel à l'union nationale.

"Beaucoup doutaient qu'en si peu de temps, les Pays-Bas repasseraient du populisme à l'honnêteté en reconnaissant que les moments difficiles imposent des choix difficiles.

"Nous devons aux électeurs de travailler ensemble. Ce pays n'a pas besoin de polarisation mais de cohésion pour les cinq années qui viennent. Pas de divisions, mais de l'unité", a-t-il déclaré à ses partisans.

Même sans alliance formelle, la majorité dont disposent libéraux et travaillistes signifie que les Pays-Bas devraient rester l'un des plus fermes défenseurs des politiques de rigueur dans la zone euro.

Grande force politique de l'après-guerre jusqu'au milieu des années 2000, les chrétiens démocrates (CDA), partenaires des libéraux au sein du gouvernement sortant, essuient leur pire revers depuis des décennies.

"BOULEVERSEMENTS TECTONIQUES"

"On dirait qu'il va y avoir des bouleversements tectoniques dans le paysage politique", a reconnu la ministre de l'Intérieur Liesbeth Spies, issue du CDA.

Geert Wilders, responsable de la chute du gouvernement en avril, qui est passé d'un discours islamophobe à une dénonciation de l'Union européenne, a quant à lui promis de rebondir.

"Notre combat est plus que jamais nécessaire aux Pays-Bas. Les problèmes ne feront que croître et les meilleures années du PVV sont devant nous. Je ne démissionnerai pas", a-t-il affirmé.

Les derniers jours de la campagne se sont résumés à un face à face entre le Premier ministre sortant, ancien directeur des ressources humaines du groupe Unilever, surnommé "Teflon" pour sa capacité à résister aux coup durs et l'énergique chef de file travailliste Diederick Samsom, ex-militant de Greenpeace que ses qualités d'orateur ont propulsé en quelques semaines au premier rang de la scène politique à la faveur de ses prestations dans les débats télévisés.

Les deux hommes qui appartiennent à la même génération - Rutte est âgé de 45 ans, Samsom en a 41 - avaient au départ écarté l'idée d'une cohabitation dans le cadre d'une coalition gouvernementale. Mais l'arithmétique parlementaire pourrait ne pas leur laisser d'autre choix.

"Les libéraux et les travaillistes sont voués à s'unir", a déclaré Philip van Praag, politologue à l'université d'Amsterdam, cité par l'agence de presse néerlandaise ANP.

Mark Rutte a prévenu qu'il poursuivrait sa politique de rigueur budgétaire sur le plan intérieur et qu'il resterait ferme dans les négociations européennes sur les conditions d'une aide aux pays en difficulté.

"Il y a un véritable choix à faire dans cette élection, qui concerne également l'Europe", avait-il dit après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Allons-nous préserver notre relation étroite avec l'Allemagne et la Finlande dans la lutte contre la crise de l'euro ou y aura-t-il une évolution vers une Europe davantage portée vers les positions de la France, ce à quoi je m'opposerai?"

"J'aimerais garder le même cap avec notre coalition de pays du nord de l'Europe", avait-il ajouté.

Les Pays-Bas sont l'un des derniers pays européens dont la dette bénéficie toujours de la note maximale auprès des agences de notation.

Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André, Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français