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Sony a-t-il été piraté par la Corée du Nord?

Capture d'écran de l'image qui apparaissait sur les ordinateurs des salariés de Sony, le premier jour de l'attaque informatique.

Capture d'écran de l'image qui apparaissait sur les ordinateurs des salariés de Sony, le premier jour de l'attaque informatique. - Reddit

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Le monde selon Trump
Depuis la fin du mois de novembre, un groupe de hackers malveillants s'en prend au géant Sony. L'administration Obama soupçonne la Corée du Nord de piloter ces attaques informatiques.

La lente descente aux enfers de Sony, géant japonais de l'entertainment, s'est soudainement accélérée fin novembre avec le piratage massif de ses données. Ultime coup dur: le groupe a dû renoncer jeudi à la sortie du film "L'interview qui tue!", parodiant un projet d'assassinat du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Sony a préféré s'incliner après des menaces proférées par des hackers de s'en prendre physiquement aux spectateurs dans les salles. Louée par le gouvernement nord-coréen, qui nie cependant farouchement en être à l'origine, l'attaque informatique qui a conduit à la publication de données confidentielles est revendiquée par un mystérieux groupe de hackers, les Guardians of Peace (les "gardiens de la paix").

Si aucune voix officielle n'a accepté de communiquer, plusieurs sources au sein de l'administration Obama et du renseignement américain ont confié au New York Times être convaincus que Pyongyang "est au coeur" de cette machination.

Des éléments troublants

Plusieurs indices sèment le trouble: le code du malware (logiciel malveillant, ndlr) qui a broyé la sécurité du système informatique de Sony était en partie écrit en coréen, une langue peu courante dans ce milieu. Autre fait notable, il s'apparenterait à des virus employés lors de cyber-attaques contre la Corée du Sud, notamment en mars 2013, selon Lee Seung-won, haut fonctionnaire au ministère des Sciences sud-coréen. Mais pour l'instant, aucune preuve n'accable publiquement Pyongyang.

Au début du mois de décembre, l'agence Bloomberg avait affirmé que l'enquête avait établi la présence de hackers dans un luxueux hôtel de Bangkok, en Thaïlande, ainsi que dans l'université de la ville, en remontant les IP. Un serveur informatique utilisé durant l'attaque aurait également été détecté en Bolivie, mais les fuites sur l'enquête restent floues.

Une armée de hackers, le Bureau 121

Jang Se-yul, expert informatique qui a quitté la Corée du nord il y a sept ans, s'est confié à CNN. Ce dissident rapporte l'existence d'un groupe de hackers d'élite, formés par le gouvernement nord-coréen, et qui comprendrait près de 1.800 membres, travaillant dans le monde entier pour Pyongyang. Un chiffre qu'il reconnaît cependant comme étant approximatif, tant le groupe est ultra-secret, y compris entre les agents eux-mêmes.

L'objectif principal de cette cellule serait de déstabiliser l'équilibre des pays jugés "ennemis" en s'en prenant aux systèmes informatiques. Une arme que Jang Se-yul estime "bien plus puissante" que la bombe nucléaire. Nom du groupe? Le "Bureau 121". Des éléments à prendre cependant avec précaution, car le verrouillage absolu de l'information en Corée du Nord empêche les médias d'en savoir plus.