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Rencontre au G20: quand le président Trump parle de Poutine

BFM Robin Verner
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Le monde selon Trump
Ce vendredi, le chef d'Etat américain doit rencontrer son homologue russe en marge du sommet du G20 à Hambourg. Entre déclarations de campagne, soupçons d'ingérence russes dans celle-ci et arrivée au pouvoir, Donald Trump n'a cessé de parler de Vladimir Poutine ces dernières années.

Jusqu'ici, ils en étaient restés à d'aimables échanges par médias interposés et à quelques coups de fil. Ce vendredi, on doit passer aux photos, poignées de mains et discussions de vive-voix. Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontreront en effet ce même jour à Hambourg, en marge du sommet du G20. Et avant même d'évoquer les dossiers géopolitiques, au premier rang desquels les situations syrienne, ukrainienne, et nord-coréenne (Moscou s'opposant à de nouvelles sanctions contre le régime de Kim Jung-Un tandis que Washington en réclame) les deux hommes pourraient bien avoir un sujet de conversation tout trouvé. Ce jeudi, en tous cas, Donald Trump a lancé, lors de son bref séjour en Pologne: "Je l’ai dit très simplement. Je pense que cela a pu fort bien être la Russie. Je pense que cela a bien pu être d’autres pays. Je ne vais pas être précis. Mais je pense que beaucoup de gens interfèrent", comme le site du Monde l'a rappelé. 

Depuis plusieurs mois, le président américain est entraîné dans un feuilleton à tiroirs où sa victoire est soupçonnée d'avoir bénéficié d'opérations souterraines de hackers russes contre le Parti démocrate et sa candidate, Hillary Clinton, et son équipe de campagne d'avoir entretenu des contacts avec des dirigeants russes. La Maison blanche et l'administration des Etats-Unis vivent à présent au rythme de rebondissements politico-médiatiques. Les relations entre les deux géants géopolitiques ne s'inscrivent pourtant pas dans une meilleure optique qu'auparavant. Mi-juin, le Sénat américain a adopté de nouvelles sanctions contre la Russie en raison notamment du rattachement de la Crimée à ce pays. 

Une certaine ambivalence

Le 16 février 2017, lors d'une conférence de presse, Donald Trump a résumé l'ambivalence de sa position vis-à-vis de Vladimir Poutine et du Kremlin: "J'aimerais beaucoup bien m'entendre avec la Russie. On a eu beaucoup de présidents qui ne voyaient pas les choses comme ça. Regardez où on en est. J'adore négocier, je m'en sors très bien. Mais, mais, il est possible que je ne puisse pas m'entendre avec Vladimir Poutine." Quelques jours plus tôt, face au journaliste Bill O'Reilly qui avait qualifié le président russe d'"assassin", Donald Trump avait défrayé la chronique américaine en faisant la sortie suivante: "Il y a beaucoup d'assassins. Vous pensez que notre pays est si innocent que ça? Vous le pensez vraiment?"

D'un point de vue plus personnel, Donald Trump a souligné le "respect" que lui inspirait Vladimir Poutine. La première déclaration publique de Donald Trump concernant le patron de la Russie, plus personnelle encore et bien plus inattendue, remonte au 19 juin 2013. Sur Twitter, celui qui était alors seulement connu pour son empire immobilier, ses passages télévisées et sa direction du concours de Miss Univers s'était interrogé sur Twitter: "Vous croyez que Vladimir Poutine viendra au concours de Miss Univers en novembre à Moscou? Et si oui, deviendra-t-il mon nouveau meilleur ami?"

Les collaborateurs de Trump inquiets avant la rencontre

Moins flamboyant dans l'expression, Vladimir Poutine s'est aussi montré plus sobre dans ses remarques au sujet de Donald Trump. En 2016, il avait estimé que le candidat Trump était quelqu'un de "brillant" avant, quelques mois plus tard, de le féliciter pour son succès dans l'élection présidentielle. Ce mercredi, deux jours avant la rencontre avec Donald Trump, la présidence slave a simplement expliqué dans un communiqué espérer qu'"un dialogue productif" naisse de cet échange.

Du côté du clan Trump, la perspective de la rencontre n'a toutefois pas conduit à la sérénité, selon le New York Times. Steven Pifer, ancien ambassadeur en Ukraine, y a déclaré: "Il y a une véritable nervosité à la Maison blanche et au sein du département d'Etat à propos de cette rencontre et de la manière dont ils parviendront à gérer l'événement car ils y voient beaucoup de risques potentiels". Parmi ces risques figurent le comportement parfois surprenant de Donald Trump et le danger de se voir, de fait, ramené à la polémique concernant la dernière élection. Le journal assure d'ailleurs: "Deux proches de M. Trump ont dit qu'ils s'attendaient à ce que les deux hommes se rapprochent autour de leur dédain pour les 'fake news'". Une amélioration des relations bilatérales sur une telle base serait "désastreuse" pour l'administration Trump, selon le site The Hill