Nouvelle grève majeure en Grèce à l'ouverture du sommet de l'UE

Une rue commerçante d'Athènes désertée à l'occasion d'une grève générale. Les Grecs ont débrayé jeudi pour la seconde fois en trois semaines, dans l'espoir de montrer aux dirigeants européens réunis à Bruxelles qu'une nouvelle coupe dans leurs salaires et - -
ATHENES (Reuters) - Les Grecs ont débrayé jeudi pour la seconde fois en trois semaines, dans l'espoir de montrer aux dirigeants européens réunis à Bruxelles qu'une nouvelle coupe dans leurs salaires et leurs pensions ne ferait qu'aggraver leur situation après cinq ans de récession.
Les rues étaient désertes jeudi matin dans le centre d'Athènes alors que la plupart des entreprises ont entamé une grève de 24 heures à l'appel des deux principaux syndicats du pays, ADEDY pour le secteur public, et GSEE pour le secteur privé.
Les grévistes entendent de nouveau protester contre les dernières mesures d'austérité réclamées par les créanciers internationaux de la Grèce.
Athènes, qui sera à court de liquidités le mois prochain, attend avec impatience le déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros dans le cadre de son plan de sauvetage international.
Pour ce faire, elle a besoin de montrer à la "troïka" constituée par le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE) qu'elle est bien sur la voie des réformes promises, avec un plan d'austérité de 11,5 milliards d'euros et un programme de réformes tous azimuts.
Or après plusieurs mois de négociations souvent difficiles, la Grèce et la "troïka" se sont rapprochées d'un accord mercredi sur l'essentiel des mesures d'austérité et des réformes à mettre en oeuvre par Athènes pour obtenir de nouveaux fonds et éviter la faillite.
LA GRÈCE AU RALENTI
"Le gouvernement devrait refuser ne serait-ce qu'une fois les demandes absurdes de la troïka", a déclaré Yannis Panagopoulos, secrétaire général du syndicat GSEE.
"Donner son accord à des mesures catastrophiques, c'est conduire la société au désespoir. Les conséquences et les manifestations seront sans fin", a-t-il ajouté.
La majeure partie du pays tournait au ralenti jeudi: les bateaux sont restés à quai, les transports publics de la capitale ont été fortement perturbés et les hôpitaux assuraient seulement un service minimum. Les services publics, les ministères ainsi que beaucoup de commerces sont quant à eux restés porte close.
Cinq manifestations séparées sont prévues dans la journée et devraient culminer par des rassemblements place Syntagma, devant le Parlement. Des barrières métalliques ont été installées à cet endroit, et près de 4.000 policiers ont été mobilisés.
Propriétaires de kiosques de journaux, avocats, chauffeurs de taxi et contrôleurs aériens rejoindront les manifestations pour protester contre la réduction drastique des dépenses sociales et de santé.
Les sondages font état d'une colère croissante de la population grecque à l'encontre du plan de renflouement.
"Le nouvel accord, douloureux, ne devrait pas être approuvé", a déclaré dans un communiqué le syndicat ADEDY. "Les nouvelles exigences vont dilapider ce qui reste de nos droits sociaux, de nos droits à la retraite et de notre droit du travail", ajoute le communiqué.
Karolina Tagaris, Harry Papachristou et Tatiana Fragou; Hélène Duvigneau pour le service français













