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Mulhouse : trois mineurs poursuivis après l'attaque d'un tram

BFM La rédaction avec Thomas Chupin et Reuters
Samedi, de nombreuses personnes ont attaqué un tramway à coups de pavés et de cocktails molotovs. Trois mineurs ont été interpellés mais nient les faits.

Samedi, de nombreuses personnes ont attaqué un tramway à coups de pavés et de cocktails molotovs. Trois mineurs ont été interpellés mais nient les faits. - -

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Trois mineurs interpellés samedi à Mulhouse après une violente attaque contre un tramway ont été présentés lundi à un juge. Sur RMC, le maire de la ville parle de véritable « guet-apens » et de « tentative de meurtre ».

Tentative d’homicide volontaire et dégradation de biens par un moyen dangereux ». Les chefs d’inculpation retenus pour les trois mineurs interpellés samedi à Mulhouse après une violente attaque contre un tramway sont sévères. Les jeunes hommes ont été présentés lundi à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen, et le parquet a requis leur placement en détention.
Samedi soir, une rame de tramway avait été immobilisée dans le quartier des Coteaux par des barrières de chantiers jetées sur les voies. Le conducteur avait eu la présence d'esprit de faire sortir ses quatre passagers, avant qu'une douzaine de jeunes gens surgissent et lancent des pavés et des cocktails Molotov contre les vitres du véhicule. Les trois suspects, âgés de 14, 16 et 17 ans, ont été interpellés peu après l'arrivée de la police. « Ils ne reconnaissent pas les faits », précise le procureur de Mulhouse, Hervé Robin, mais la vidéosurveillance et l'odeur d'essence sur leurs vêtements constituaient autant d'éléments à charge.

150 hommes supplémentaires sur le terrain

 « On constate un changement de stratégie d’un certain nombre de groupes organisés qui montent des guet-apens, regrette le maire UMP de Mulhouse Jean Rottner. Quand effectivement on met des barrières sur une voie de tram, c’est pour qu’il s’arrête. Quand une vingtaine de personnes jaillit et lance des pavés et des cocktails Molotovs, moi j’appelle ça une tentative de meurtre ». Pour faire baisser la violence, l’élu compte maintenant sur le coup de pouce qui lui a été donné par la majorité. « J’ai appelé fin novembre le gouvernement, et le ministre m’a entendu puisqu’il me fournit 150 hommes jusqu’à fin février. Cela va nous permettre de faire un véritable travail pour que ce phénomène disparaisse à jamais de notre ville », espère Jean Rottner. Au total, une compagnie et demi de CRS supplémentaire a été envoyée dans les trois Zones de sécurité prioritaires créées par le ministère de l’Intérieur dans la capitale industrielle de l'Alsace.

« Même en temps de guerre, les ambulances ne sont pas attaquées ! »

Alors que plusieurs quartiers de Mulhouse sont depuis plus de six mois le théâtre d'agressions régulières contre les pompiers et les forces de l'ordre, la nuit de la Saint-Sylvestre y a aussi été particulièrement agitée, et les syndicats de pompiers ont réagi la semaine dernière en dénonçant des « tentatives de meurtre » commises à leur égard. Car ils, sont, en effet, de plus en plus visés. « J’ai des collègues qui ont peur, témoigne sur RMC Arnaud Bikupsi, secrétaire général adjoint du syndicat de pompier FO dans le département. On a dépassé le simple stade de la violence urbaine de base, avec ce qu’on qualifie de tentative de meurtre. Quand on regarde les véhicules caillassés, à coups de pavés, à hauteur de visage d’homme, on ne peut pas penser que ça a été fait juste pour intimider. En temps de guerre, les ambulances ne sont pas attaquées par les belligérants ! Ce qu’il s’est passé à Mulhouse, ça va même à l’encontre de ce qu’on voit sur des terrains de guerre ! Nous, on se bat contre le fait que ça rentre dans les mœurs ».