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Syrie: comment intervenir?

BFM M. R. avec Julien Jacquet et Kelly Laffin
Rebelle syrien dans les rues d'Alep, dans le nord de la Syrie (photo d'illustration).

Rebelle syrien dans les rues d'Alep, dans le nord de la Syrie (photo d'illustration). - -

L'option d'une intervention militaire en Syrie semble désormais sérieusement envisagée par Washington, Londres et Paris. Quelles sont les modalités et l'objectif d'une telle intervention? Quels risques comporte-t-elle?

Si une intervention en Syrie semble ne plus être qu'une question de temps, les modalités et les risques d'une telle opération méritent éclaircissement. BFMTV a interrogé Peer de Jong, ancien colonel des troupes de marine et breveté de l'école de guerre et Frédéric Encel, docteur en géopolitique, maître de conférences à Sciences-Po Paris.

> De quelle manière intervenir?

"Ce n'est pas la France, toute seule avec l'Angleterre, accessoirement les Etats-Unis", souligne Peer de Jong. "C'est une opération internationale, qui regrouperait un très grand nombre de pays". D'après les experts militaires, cette opération serait brève, avec des frappes chirurgicales contre les intérêts stratégiques du régime de bachar al-Assad.

> Quels sont les risques?

"Bachar al-Assad dispose de capacités balistiques, bref de missiles, capables de mettre le feu à la région, c'est sa propre expression. Il l'a déjà employée il y a deux ans de cela", précise Frédéric Encel. "Tous les pays voisins sont alliés militairement des Etats-Unis: la Turquie, la Jordanie, Israël et l'Irak. Il peut frapper tous ces Etats. Chacun de ces Etats appellera immédiatement à une riposte de son grand allié américain. Et là, l'escalade est certaine", analyse-t-il.

> Quel objectif?

Pour les occidentaux, il s'agirait d'envoyer un message à Bachar al-Assad, mais pas de provoquer son départ, surtout pas au profit des rebelles. "L'ALS (Armée syrienne libre) aujourd'hui est une armée qui se partage entre loyalistes normaux et islamistes fou-dingues qu'on ne maîtrise pas", explique Peer de Jong. "Aujourd'hui, est-ce que les Européens vont permettre à un régime pareil d'arriver au pouvoir?".

La réaction occidentale sera donc pesée avec précaution. D'après Laurent Fabius, elle sera arbitrée dans les prochains jours.