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Mali : armée malienne et islamistes s’affrontent dans les rues de Gao

BFM Tugdual de Dieuleveult avec H.Perrier
Des combats ont éclaté dimanche  entre islamistes et armée malienne dans le centre de Gao

Des combats ont éclaté dimanche entre islamistes et armée malienne dans le centre de Gao - -

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Un mois après le début de l'intervention française au Mali, des combats ont éclaté dimanche entre islamistes et armée malienne dans le centre de Gao, grande ville du Nord récemment reprise par les militaires français.

Ils étaient partis avant même que l’armée française ne rentre dans la ville, les voilà de retour, armés de fusils automatiques et d'armes lourdes. Les islamistes sont en effet revenus dimanche dans la ville de Gao au nord du Mali désormais contrôlé par l’armée malienne. Les habitants de Gao se sont donc cloîtrés chez eux où se sont mis à l'abri derrière des murs dimanche alors que retentissait le fracas des armes dans les rues de Gao. Les hélicoptères français qui survolaient la zone ont tiré sur les rebelles, armés de fusils d'assaut AK-47 et de lance-roquettes, qui s'étaient faufilés dans le secteur du marché central et s'étaient cachés dans un commissariat, ont rapporté des responsables français et maliens.

Deux attentats suicides

Gao, la plus grande ville du nord du Mali a également été frappée par deux attentats suicides en deux jours. Le premier vendredi contre un poste de contrôle de l'armée malienne à l'entrée nord de Gao. Un homme circulant à moto s'est fait exploser blessant légèrement un soldat malien. Le second, dans la nuit de samedi à dimanche et visant la même cible n’a pas fait de victime. C’est le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest), groupe armé dissident d'Aqmi a revendiqué ces attaques. La France a dépêché ce dimanche des soldats et des blindés en renfort. La cinquantaine de journalistes présents ont été évacués de la ville par l'état-major.

« Un risque certain de guérilla urbaine »

Face à ces attaques et ces attentats suicide, les spécialistes estiment que le contrôle des villes et la sécurité risque d’être plus complexe et la résistance plus déterminée. « L’armée française peut, en partie, contrôler les villes, estime Philippe Hugon, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), mais il peut y avoir des réseaux dormants où il peut y avoir des kamikazes. La tactique des jiahdistes a été de laisser des personnes non visibles. Certains d’entre eux peuvent être des kamikazes. Donc effectivement, on risque d’avoir des guérillas urbaines, c’est sûr ».

« Les islamistes veulent faire régner peur et insécurité »

« Aujourd’hui nous sommes dans une nouvelle phase, décrypte pour RMC Mathieu Guidère, professeur des universités, auteur de « Les nouveaux terroristes ». Pour lui, la guerre a d’ores et déjà changé de de nature. « On rentre dans l’observation, l’infiltration. On passe donc dans une phase de guérilla. Dans cette phase, les groupes islamistes poussés dans leur retranchement, notamment le nord du pays montagneux, vont essayer de revenir petit à petit. Ils vont mener des actions de harcèlement, des accrochages, des attentats suicides pour faire régner un climat de peur et d’insécurité dans les villes en particuliers ».