Les "muxes" du Mexique, transgenres et initiatrices sexuelles

Les "muxes" de Juchitan ocupent un rôle bien défini dans la société - AFP
Juchitan de Zaragoza, ville indigène du Sud du Mexique de 75.000 habitants, dont plus de 5.000 "muxes". Des transgenres qui ont un rôle très précis dans la société zapotèque: celui d’initier de jeunes garçons à la sexualité. "Les hommes s’initient sexuellement avec nous parce qu’ils savent qu’il n’y a aucun engagement, qu’il n’y aura pas de noces, qu’il n’y aura pas de dot, qu’il n’y aura pas de mariage", explique Binizia.
Encouragées par la montée en puissance du mouvement LGBT dans le monde et dans leur pays, elles ont décidé de féminiser encore d’avantage leur apparence. Certaines se sont même mises à porter des vêtements traditionnels habituellement réservés aux femmes, lors des fêtes religieuses. Ce qui ne manque pas de créer de vives tensions à Juchitan.
Selon Felina, "il y a un peu de jalousie chez certaines femmes". "Quand tu vas à une fête et que tu arrives bien mise, bien maquillée, pour elles, c’est un peu comme si elles perdaient leur place", poursuit-elle.
Des discriminations bien présentes
"Qu’ils fassent ce qu’ils veulent avec leur sexualité, mais c’est révoltant qu’ils utilisent nos vêtements", estime quant à elle Angélica, une couturière de 46 ans.
Selon Luis Guerrero, directeur de Melendre, une association qui défend et promeut la culture zapotèque, l’homophobie vient du fait "qu’ils empiètent sur le rôle que tient la femme dans la communauté".
Car à Juchitan, les discriminations semblent encore bien présentes. Et certaine comme Binizia regrette n’être que "des corps que les hommes utilisent pour apprendre à avoir une relation sexuelle. Quand ils deviennent adultes, ils se marient avec des femmes biologiques".













