La France demande à ses ressortissants de quitter le Mali

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La tension monte au Mali. Après la prise d'une ville charnière au centre du pays par les islamistes, Paris a appelé vendredi les Français dont la présence n'est pas indispensable à quitter provisoirement le Mali : « En raison de la forte dégradation de la situation sécuritaire au Mali, il est formellement déconseillé de s'y rendre, y compris à Bamako, jusqu'à nouvel ordre », écrit le ministère des Affaires étrangères sur son site internet. « Il est fortement recommandé aux personnes dont la présence n'est pas indispensable au Mali de quitter provisoirement le pays via les lignes aériennes commerciales qui desservent Bamako », ajoute-t-il. « En tout état de cause, il est recommandé à nos compatriotes résidant sur place de faire preuve de la plus extrême vigilance, de se tenir informés de l'évolution de la situation et de respecter les consignes de sécurité de l'ambassade », précise le ministère.
Hollande confirme l'engagement des forces armées françaises au Mali
François Hollande a fait une déclaration à l'Elysée en fin d'après-midi ce vendredi, confirmant l'engagement des forces armées françaises au Mali.
A la mi-journée, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'était entretenu par téléphone de la situation au Mali avec le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, et devait faire de même en fin de journée avec ses homologues britannique et allemand.
« Grave détérioration de la situation » sur le terrain
Depuis plusieurs jours, des combats, y compris à l'arme lourde, opposent dans le centre du Mali l'armée malienne aux groupes islamistes armés qui occupent depuis la fin juin le nord du pays et tentent d'avancer vers le sud. Vendredi matin, le président François Hollande a promis de « répondre » à un appel à l'aide des autorités maliennes, mais « strictement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU ».
Dans une déclaration adoptée jeudi à la demande de Paris, le Conseil de sécurité a demandé un « déploiement rapide » de la force internationale au Mali devant la « grave détérioration de la situation » sur le terrain. Le déploiement de cette force de quelque 3 000 hommes, fournis par l'Afrique de l'Ouest, a été autorisé par l'ONU le 20 décembre mais devrait prendre dans les faits plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Toutefois, selon un responsable malien, des militaires européens, incluant des Français, sont déjà présents au Mali « pour repousser toute avancée des islamistes vers le Sud ». L'armée malienne a déclenché vendredi matin une offensive contre les islamistes pour reprendre la localité de Konna, dans le centre, conquise la veille par les jihadistes. La contre-offensive, qui implique notamment des avions de « pays amis », selon un officier de l'armée malienne, est conduite depuis Sévaré, localité à environ 70 km au sud de Konna, où l'armée dispose d'un poste de commandement opérationnel.













