Hosni Moubarak invite Benjamin Netanyahu à infléchir sa position

Le président égyptien Hosni Moubarak (à droite) a demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'infléchir sa position afin de relancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens, lors d'une rencontre à Charm el Cheikh. /Photo prise le 6 ja - -
par Maroua Aouad
CHARM EL CHEIKH, Égypte (Reuters) - Le président égyptien Hosni Moubarak a incité jeudi le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, à infléchir sa ligne dure envers les Palestiniens pour aboutir à un accord de paix.
Les pourparlers directs entre Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas ont capoté en septembre en raison du refus d'Israël de proroger un gel provisoire de la colonisation juive, décrété à l'instigation des Etats-Unis pour ranimer le dialogue direct entre les deux parties.
La rencontre Moubarak-Netanyahu, en milieu de journée dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, sur la mer Rouge, visait à sortir de l'impasse le processus de paix, dont l'échec a été une nouvelle fois imputé à l'Etat juif par le président égyptien.
Le "comité de suivi" de la Ligue arabe a exclu le 15 décembre toute reprise des négociations israélo-palestiniennes sans proposition "sérieuse" des Etats-Unis, qui avaient admis quelques jours plus tôt leur incapacité à convaincre Israël de suspendre la colonisation.
Mahmoud Abbas a réaffirmé à maintes reprises qu'il était hors de question pour les Palestiniens de reprendre un dialogue direct avec Netanyahu sans nouveau gel de la colonisation dans les territoires occupés, Jérusalem-Est y compris.
Israël doit "revoir sa position ainsi que sa politique et s'engager dans un processus concret (...) pour aboutir à un règlement final - et non pas temporaire ou par étapes - qui mette fin à l'occupation et établisse un Etat palestinien indépendant", a déclaré le porte-parole de Moubarak après la rencontre de Charm el Cheikh.
ASHTON PRÔNE UNE REUNION DU QUARTET
Tout futur accord de paix devra régler les questions centrales comme le statut de Jérusalem, les frontières du futur Etat palestinien et le sort des réfugiés du conflit de 1948. Israël a proposé que, faute d'entente globale, les deux parties concluent des accords intérimaires, une perspective rejetée par Abbas.
Le porte-parole de Netanyahu a assuré pour sa part qu'Israël avait "offert des mesures de bonne volonté, des concessions et pris des mesures d'ampleur pour convaincre les Palestiniens de reprendre les négociations" mais que, "malheureusement, (ils) avaient refusé pourparlers directs comme indirects".
A Bethléem, où elle devait assister dans la nuit avec Mahmoud Abbas à la messe du Noël orthodoxe et copte à l'église de la Nativité, Catherine Ashton, émissaire de la diplomatie européenne, a invité les grandes puissances à prendre une initiative pour sauver le processus de paix.
La diplomate britannique a proposé que les dirigeants du "quartet" de médiateurs internationaux composé de l'Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie et des Nations unies se réunissent "aussitôt que possible pour contribuer à trouver une solution à l'impasse actuelle".
Catherine Ashton, qui s'est aussi rendue à Jérusalem, a dit avoir "invité Israéliens et Palestiniens à trouver un moyen satisfaisant de s'engager sans délai dans des négociations de fond sur les questions centrales". "Il n'y a pas d'alternative à une solution négociée", a-t-elle souligné.
MOUBARAK DÉCONSEILLE "D'AGRESSER" GAZA
A Charm el Cheikh, Hosni Moubarak a par ailleurs évoqué le regain de tension récent à la frontière entre Israël et Gaza en déconseillant à l'Etat juif de mettre à exécution ses "menaces" de "nouvelle agression" contre le territoire aux mains du Hamas, avec lequel l'Egypte partage une frontière quasiment close.
Avant leur rencontre, Netanyahu avait déclaré qu'il évoquerait avec Moubarak les questions de sécurité, mettant en cause "ceux qui veulent rompre le calme, dont divers acteurs comme le Hamas et le Hezbollah".
L'Egypte du président Moubarak est en froid aussi bien avec le mouvement islamiste palestinien qu'avec le groupe armé chiite libanais, qui a dénoncé le "partenariat criminel" du Caire avec Jérusalem face au Hamas qui contrôle la bande de Gaza soumise à un strict blocus israélien.
Moubarak et Netanyahu devaient aussi évoquer, selon une source israélienne, les efforts discrets déployés par l'Egypte et un médiateur allemand pour obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit.
Celui-ci a été enlevé sur le sol israélien en juin 2006 par des extrémistes palestiniens. Ce rapt a été revendiqué par trois mouvements, dont la branche militaire du Hamas, qui réclame en échange de sa libération celle de centaines de prisonniers palestiniens détenus en Israël. Ces tractations-là semblent également dans l'impasse.
Avec Douglas Hamilton à Bethléem, Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser













