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Grèce: un mort à la suite de l'incendie du ferry "Norman Atlantic"

BFM M. R. avec AFP
Un incendie s'est déclaré à bord du "Norman Atlantic", ferry assurant la liaison entre le port grec de Patras et le port italien d'Ancône.

Un incendie s'est déclaré à bord du "Norman Atlantic", ferry assurant la liaison entre le port grec de Patras et le port italien d'Ancône. - Skai TV – AFP

Un incendie s'est déclaré dimanche matin sur un ferry italien, au large de la Grèce. Le ministère de la Mer grec a indiqué en fin d'après-midi qu'il y avait déjà une victime. L'évacuation des 478 passagers est en cours, dans des conditions météorologiques difficiles.

"Nous sommes sur le pont, nous avons froid et nous toussons à cause de la fumée": des centaines de personnes sont encore bloquées dimanche, dans des conditions météorologiques dantesques, à bord d'un ferry victime d'un incendie dans le canal d'Otrante entre la Grèce et l'Italie. Un fin d'après-midi le ministère de la Mer grec a annoncé qu'il y avait une victime à la suite de l'incendie.

Parmi les 478 personnes personnes ayant pris place sur le "Norman Atlantic" (422 passagers de très nombreuses nationalités et 56 membres d'équipage), aucune victime n'était encore signalée, mais le sauvetage semblait particulièrement ardu.

Menacés par les vagues

En particulier, un hélicoptère Super Puma de l'armée grecque tentait vers 11h15 GMT de secourir deux passagers qui avaient glissé en bas de la rampe de mise à l'eau et étaient menacés par les vagues, a indiqué le ministère de la Mer grec, tandis qu'un Italien de 58 ans a été hélitreuillé vers l'Italie, victime d'hypothermie.

Un remorquage était envisagé, mais en début d'après-midi, le "Norman Atlantic" dérivait vers l'Albanie. Les conditions du sauvetage étaient terribles: vent de 10 sur l'échelle de Beaufort qui en compte 12, pluie torrentielle, grêle, vagues de 6 mètres de haut.

Signal de détresse

Le Norman Atlantic, un ferry battant pavillon italien et affrété par la compagnie grecque Anek pour effectuer la liaison Patras-Ancône, avait quitté le port du Péloponnèse samedi vers 15h30 GMT, fait étape à Igoumenitsa, dans le nord de la Grèce, et devait arriver à Ancône dimanche à 15h30 GMT avec 478 personnes à bord, dont 268 Grecs, selon les chiffres officiels grecs.

Mais vers 02h00 GMT dimanche, alors qu'il se trouvait dans le canal d'Otrante, près de la petite île grecque d'Othoni, il a lancé un signal de détresse en raison d'un feu à bord, dans le garage

Le trajet du Norman Atlantic, en feu au large de la Grèce.
Le trajet du Norman Atlantic, en feu au large de la Grèce. © Infographie BFMTV

"Protéger le ferry"

Le porte-parole de la marine italienne Riccardo Rizzotto a confirmé que quatre hélicoptères et plusieurs navires marchands étaient sur zone. Des patrouilleurs, des remorqueurs équipés de matériel anti-incendie étaient en route, de Grèce et d'Italie.

"Les conditions météorogiques sont si mauvaises que nous avons besoin d'un soutien extraordinaire, ce qui est actuellement en train de se mettre en place", a déclaré Riccardo Rizzotto à la presse italienne, ajoutant que "la principale tâche des navires marchands va être de former une barrière pour protéger le ferry qui a été touché".

Anek, la compagnie grecque qui affrétait le navire, a publié un bref communiqué : "Tôt le 28 décembre, un incendie s'est déclaré sur le ferry "Norman Atlantic battant pavillon italien, propriété de la société Visemar di Navigazione et affrété par Anek, qui effectuait la liaison Patras-Igoumenitsa-Ancône, alors qu'il se trouvait à 35 milles au nord de l'île de Corfou, dans les eaux internationales, avec 422 passagers à bord, et 56 membres d'équipage".

"L'évacuation du bateau est en cours par les membres d'équipage et la compagnie, en coopération avec les autorités grecques et italiennes", ajoutait le communiqué.

"Nous essayons de sauver notre peau"

A bord se trouvaient principalement des passagers grecs, mais aussi italiens, français, albanais, allemands, britanniques, russes, danois, ou hollandais.

Selon des témoins contactés par des chaînes de télévision grecques, il règne à bord une certaine pagaille. "Ils ont essayé de mettre des canots à l'eau mais nous n'avons pas pu y monter tous. Il n'y a pas de coordination", a ainsi décrit l'un d'eux, ajoutant: "il fait sombre. La cale du bateau est en feu. Nous sommes sur le pont. On peut voir un bateau approcher (...) Nous avons ouvert des boîtes et trouvé des gilets des sauvetage. Nous essayons de sauver notre peau".

A entendre certains des passagers joints au téléphone par les medias grecs, ils semblaient moins effrayés par le feu lui-même, évoquant des flammes "qui diminuent", que par leur situation très difficile au milieu de la mer déchaînée.

"Nous sommes tous sur le pont, nous sommes mouillés, nous avons froid, nous toussons à cause de la fumée, il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées", a ainsi indiqué à la télévision Mega sur un ton très fatigué un de ces passagers, Giorgos Styliaras.

"Nos chaussures commençaient à fondre"

L'incendie s'est apparemment déclaré dans le pont réservé aux voitures, qui contient environ 200 véhicules. Mais la chaleur a vite atteint le navire tout entier.

"Nos chaussures commençaient à fondre, dans la cabine de réception", a raconté à la télévision grecque Mega l'un des passagers déjà transférés vers un autre navire.

La marine italienne avait annoncé vers 07h00 GMT sur son compte Twitter qu'un hélicoptère avait quitté sa base de Grottaglie (sud est de l'Italie) et un quart d'heure plus tard que deux autres hélicoptères se tenaient prêts à décoller de Catane en Sicile.