"Totalement inacceptable": une chasse à l'homme lancée après la libération par erreur d'un détenu étranger au Royaume-Uni
La prison de Wandsworth, le 5 novembre 2025, où ont été relâchés plusieurs détenus par erreur. - BEN MONTGOMERY / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Le gouvernement britannique est de nouveau mis en difficulté ce mercredi 5 novembre après un nouveau cas de détenu étranger libéré par erreur de prison, sur fond de débat tendu sur l'immigration et le système d'asile.
Deux semaines plus tôt, un demandeur d'asile éthiopien, Hadush Kebatu, condamné en septembre pour des agressions sexuelles qui avaient déclenché une série de manifestations anti-immigration dans le pays, avait été relâché par erreur. Cela avait suscité de vives critiques sur le fonctionnement du système pénitentiaire.
Le ministre de la Justice, David Lammy, avait alors annoncé le lancement d'une enquête, les chiffres montrant une forte hausse de ces libérations par erreur (262 entre mars 2024 et mars 2025, contre 115 un an plus tôt).
Deux prisonniers activement recherchés
Mercredi, la police londonienne a confirmé avoir été informée lundi qu'un "homme algérien de 24 ans" avait été relâché par erreur de la prison de Wandsworth dans le sud de Londres le 29 octobre dernier, soit cinq jours après la méprise concernant Hadush Kebatu. La police de Londres n'a pas précisé si cet Algérien était un demandeur d'asile. Il est toujours recherché.
Selon SkyNews, l'individu se nomme Brahim Kaddour-Cherif et avait été inculpé pour des chefs d'intrusion et de tentative de vol. Il est connu des services de police avec un passif d'infractions à caractère sexuel.
Le média britannique révèle qu'un autre prisonnier, William "Billy" Smith, âgé de 35 ans, a également été libéré par erreur. Cet homme purgeait quant à lui une peine de 45 mois de prison pour de multiples fraudes.
Le ministre de la Justice s'est dit "absolument indigné et consterné" par cette nouvelle libération par erreur d'un détenu. Des agents de son ministère ont "travaillé toute la nuit pour tenter de le ramener en prison", a-t-il ajouté.
Un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a aussi jugé cette erreur "totalement inacceptable".
"Le système doit être réformé et les contrôles appropriés doivent être mis en place pour éviter qu'une telle chose se reproduise", a-t-il interpellé.
Le vice-Premier ministre sous le feu des critiques
Mais David Lammy est sur le gril, après avoir refusé de confirmer devant le Parlement qu'il avait connaissance de cette erreur. Alors qu'il remplaçait le Premier ministre Keir Starmer, en déplacement pour assister à la COP au Brésil, pour la séance hebdomadaire de questions au chef du gouvernement un peu plus tôt, il a été interrogé sur l'existence d'un nouveau cas.
L'information n'avait pas été officiellement confirmée, mais un député conservateur lui a demandé si, depuis Hadush Kebatu, aucun autre détenu demandeur d'asile n'avait été libéré accidentellement. David Lammy n'a pas répondu, renvoyant au bilan des conservateurs en matière de gestion des prisons, et a visiblement perdu patience lorsque le député a répété sa question à plusieurs reprises.
Un porte-parole de la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a estimé que David Lammy devait revenir faire une déclaration à la chambre des Communes "dès que possible".











