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Ivre, il piège David Cameron lors d'un canular téléphonique

BFM François DE LA TAILLE
Le Premier Ministre David Cameron devant le 10 Downing Street.

Le Premier Ministre David Cameron devant le 10 Downing Street. - Carl Court / AFP

Piégé par le canular téléphonique d'un homme en état d'ébriété, le Premier ministre britannique est la risée du pays. L'affaire fait sourire mais pose aussi la question de la fiabilité des services de sécurité gouvernementaux.

La communauté des blagueurs téléphoniques a trouvé son maître. Dimanche, un jeune britannique a réussi à joindre David Cameron au 10 Downing Street en se faisant passer pour Robert Hannigan, le directeur du renseignement électronique de la Couronne (GCHQ). Le tout probablement dans un état dépassant largement le stade de la simple "ébriété". 

La discussion fut apparemment brève, mais l’information a bel et bien été confirmée par une porte-parole du gouvernement. "Le Premier ministre a mis un terme à l’appel quand il lui est apparu qu’il s’agissait d’une blague. Aucune information sensible n’a été partagée", assure-t-on pour dédramatiser.

Canulars en série 

Le jeune plaisantin n’en était pas à son coup d’essai. Quelques heures plus tôt, le même homme avait réussi à obtenir le numéro de téléphone portable du même directeur du GCHQ en se faisant passer pour un assistant du 10 Downing Street. Et ce en usant d’un scénario d’une simplicité enfantine: inquiet du retard de Robert Hannigan à une réunion des services secrets, le soi-disant assistant a prétendu avoir besoin de ses coordonnées téléphoniques car le patron du renseignement électronique "ne répondait pas sur son numéro habituel." 

Un homme d’une vingtaine d’années a revendiqué "l’exploit" auprès du tabloïd The Sun. "Je me suis bien payé la tête du GCHQ. J’ai réussi à avoir le numéro du directeur. Et le pire, c’est que je suis imbibé d’alcool et de cocaïne. Et j’ai aussi fumé des joints. Je n’ai pas dormi de la nuit, je suis complètement défoncé. C’est quand-même hilarant de se dire que les services du renseignement ont gobé les paroles d’un type tellement bourré qu’il est quasiment incapable d’aligner trois mots", a-t-il déclaré. 

La sécurité britannique en question

Pas sûr que tout le monde trouve l’histoire "hilarante". Pour le gouvernement britannique, l’affaire tient lieu d’humiliation publique. Downing Street a immédiatement mis l’ensemble des services gouvernementaux en alerte pour éviter la multiplication de ce type d’incidents. Car au-delà de l’aspect potache de la plaisanterie, la facilité avec laquelle un homme en état d’ébriété a réussi à tromper l’ensemble des filtres qui mènent à la tête de l’Etat inquiète plus qu’elle ne fait rire. 

S’il ne fait aucun doute que l’incident n’était qu’une blague, il soulève une question plus grave: les institutions britanniques sont-elles au niveau de l’état d’alerte terroriste actuelle? "Le GCHQ et Downing Street prennent cette faille de sécurité très au sérieux et revoient en ce moment même leurs procédures suite à ce canular pour s’assurer qu’ils tirent toutes les leçons de l’incident", a tenu à rassurer la porte-parole du gouvernement. Quelque part au Royaume-Uni, un blagueur doit se sentir tout puissant.