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Elections américaines: Kamala Harris séduit Wall Street

BFM Caroline Loyer
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Le monde selon Trump
A moins d’un mois de la présidentielle américaine, Kamala Harris continue de courtiser Wall Street et cela commence à payer.

Depuis son entrée dans la course à la maison blanche, la démocrate tente de séduire les patrons de la finance. Avec ses équipes, elle a beaucoup œuvré en coulisse pour les rassurer. Ces dernières semaines, elle a reçu à Washington plusieurs dirigeants d'entreprises, dont ceux de Visa, CVS, ou encore Motorola. Des patrons échaudés par la politique de Joe Biden. Nombreux sont ceux jugeant l'actuel président hostile aux entrepreneurs.

La vice-présidente, elle, s’affiche fièrement comme pro business. Son opération de charme qui lui a permis d’obtenir rapidement le soutien de plusieurs figures de poids du secteur financier. Parmi celles-ci, on retrouve Jonathan Gray, président du numéro 1 mondial du private equity Blackstone, le milliardaire George Soros, les CEO et président de la banque d'investissement Lazard. Signe de cette volonté de rapprochement, à la convention démocrate, elle avait invité Ken Chenault, ancien directeur général d'American Express et aujourd'hui président du groupe de capital investissement General Catalyst. Il avait alors déclaré :

"Elle comprend qu’il est possible, et même nécessaire, qu'un président soit favorable aux entreprises et aux travailleurs. Kamala Harris comprend que les gouvernements doivent travailler en partenariat avec les entreprises."

"Nous étions comme deux chiens dans une bagarre"

Selon le Financial Times, ces ouvertures de la part de Kamala Harris ont persuadé certains modérés de Wall Street qui envisageaient de soutenir Trump de revoir leur position. Et ce n’était pas gagné d’avance. Ses relations étaient même plutôt tendues avec le milieu de la finance, particulièrement durant la crise des subprimes.

En 2008, elle est alors procureure générale de Californie, un des États les plus touchés par la crise financière. Considérées comme largement responsables, les cinq plus grandes banques américaines concluent un accord en 2012 avec le gouvernement pour plus de 25 milliards de dollars, visant à dédommager les propriétaires victimes. Mais Kamala Harris veut plus. Elle entend obtenir un dédommagement propre, pour les Californiens. Face à l'insistance de la procureure, Bank of America, Wells Fargo et JPMorgan Chase, qui proposaient initialement entre 2 et 4 milliards de dollars, finiront par en débourser 20.

Dans sa biographie publiée en 2019, au sujet d'un échange téléphonique tendu avec Jamie Dimon, CEO de JP Morgan, elle disait : "Nous étions comme deux chiens dans une bagarre". Aujourd'hui, la relation est plus cordiale. En mars dernier, les deux ont même partagé un déjeuner à la Maison-Blanche.

Une image rassurante

Au-delà de sa politique de régulation financière dont on ignore encore les détails, la candidate démocrate apparaît surtout plus rassurante et prévisible que son adversaire républicain. Et c’est ce qui séduit. Donald Trump, lui, est jugé trop changeant voire lunatique par une partie des patrons de la finance.

Un banquier d’affaire cité par le Financial Times affirme que "sur le plan économique, la plupart des gens soutiennent Trump, mais il y aura une dispersion des voix car voter pour lui implique aussi beaucoup de risques". Si la promesse du républicain de libérer Wall Street du "poids réglementaire" pourrait relancer les fusions et acquisitions. Une dérégulation excessive pourrait en effet aussi augmenter les risques du secteur et donc le fragiliser.