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Des traces de balles sur les corps des deux otages du Niger

Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'enlèvement, la semaine dernière, de deux Français dans un restaurant de Niamey, "Le Toulousain". Les deux otages ont été tués dans des circonstances non encore éclaircies, aux confins du Niger et du Mali

Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'enlèvement, la semaine dernière, de deux Français dans un restaurant de Niamey, "Le Toulousain". Les deux otages ont été tués dans des circonstances non encore éclaircies, aux confins du Niger et du Mali - -

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PARIS (Reuters) - Les corps des deux jeunes Français enlevés au Niger et tués samedi lors d'une intervention armée contre leurs ravisseurs portent...

PARIS (Reuters) - Les corps des deux jeunes Français enlevés au Niger et tués samedi lors d'une intervention armée contre leurs ravisseurs portent des traces de balles, a dit jeudi le ministère français de la Défense.

Le porte-parole du ministère français de la Défense, Laurent Teisseire, a évoqué devant la presse les constatations initiales faites au Niger après l'opération française.

"Un des morts est décédé d'une balle dans la tête, le second avait des traces de balles et de brûlures importantes", a-t-il dit. "Les deux otages étaient entravés quand ils ont été retrouvés."

Le résultat des autopsies, réalisées à l'Institut médico-légal de Paris, n'était cependant pas encore connu jeudi en milieu de journée. Une enquête judiciaire est menée, sous l'autorité du procureur de Paris.

Le gouvernement français dit que les deux hommes ont été exécutés par leurs ravisseurs au moment de l'intervention d'une trentaine de militaires français héliportés et parachutés en territoire malien. Les ravisseurs cherchaient à gagner une zone refuge à bord de trois voitures.

Dans ses voeux à la presse jeudi matin, le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, tout en réitérant son soutien au gouvernement et à l'Elysée qui a ordonné l'intervention, a souhaité la transparence sur les conditions de la mort des deux Français.

"Dans ces moments, bien sûr la France a le devoir d'être unie et je crois que tout le monde a eu cette pensée en tête. Le gouvernement, lui, a le devoir de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et d'en informer l'opinion", a-t-elle dit.

Paris se dit aussi presque sûr que le kidnapping a été mené par l'organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

UNIFORMES DE GENDARME

Enlevés dans un restaurant de Niamey, la capitale, les deux jeunes Français, Vincent Delory et Antoine de Léocour, étaient entravés lorsqu'ils ont été retrouvés morts, a précisé Laurent Teisseire.

Les ravisseurs circulaient à bord de trois véhicules, un immatriculé au Bénin, un non identifié et un de la gendarmerie nigérienne. Deux des quatre activistes tués portaient l'uniforme de la gendarmerie et ont participé aux combats, a dit le porte-parole.

Deux blessés arrêtés après l'assaut portaient aussi l'uniforme de la gendarmerie et ont également combattu. Ils ont été remis aux autorités nigériennes, a-t-il précisé.

Des divergences ont semblé naître mercredi entre Paris et Niamey sur les investigations menées sur l'enlèvement, le ministre nigérien de l'Intérieur, Cissé Ousmane, contestant la qualité de "terroriste" prêtée aux blessés prisonniers par le ministre français de la Défense, Alain Juppé, le Premier ministre, François Fillon, et une source proche des forces de sécurité nigériennes.

"Il n'existe pas actuellement de terroristes auditionnés par nos services", a déclaré le ministre nigérien, interrogé à Niamey mardi soir par RFI. "Je peux affirmer que les services compétents nigériens ont reçu des autorités françaises, en deux phases, six cadavres et deux blessés", a-t-il ajouté.

Paris expliquait jusque-là que les six policiers français envoyés sur place participaient à l'interrogatoire de ces deux individus qui étaient présentés comme des activistes.

Aqmi détient toujours cinq ressortissants français enlevés en septembre dernier sur le site d''extraction d'uranium d'Arlit, dans le nord du Niger, et qui seraient détenus au Mali.

Aqmi a annoncé en juillet l'exécution du touriste français Michel Germaneau, enlevé trois mois plus tôt au Niger.

John Irish, avec Thierry Lévêque et Laure Bretton, édité par Gilles Trequesser