Amnesty: 2014, année "catastrophique" pour les civils pris dans les conflits

Une famille d'Irakiens dans un camp de réfugiés à 40 kilomètres d'Arbil, le 27 juillet dernier. - AFP
La communauté internationale, particulièrement passive selon l'ONG de défense des droits de l'homme, en a pris pour son grade. L'année 2014 a été "catastrophique" pour les victimes civiles des conflits, souligne Amnesty International en qualifiant de "scandaleuse et inopérante" la réponse de la communauté internationale à ces violences, dans son rapport annuel publié mercredi.
Autant de réfugiés que pendant la Seconde guerre mondiale
Au cours de cette année "exceptionnellement" chargée en conflits (Syrie, Ukraine, Gaza, Nigeria, etc.), "des millions de civils" ont été tués et "15 millions" de personnes ont été déplacées, ce qui constitue "probablement le plus grand nombre de réfugiés depuis la Seconde guerre mondiale", a pointé Salil Shetty, secrétaire général de l'organisation de défense des droits de l'homme, lors d'une conférence de presse à Londres.
"2014 s'est révélée catastrophique pour des millions de personnes en proie aux violences", a-t-il accusé. Le rapport de l'organisation, qui passe en revue l'état des droits de l'homme dans 160 pays, recense des exactions dans 35 d'entre eux par des groupes armés comme le groupe État islamique (EI) ou Boko Haram.
La communauté internationale "inopérante"
"Cela peut et doit changer", a insisté Salil Shetty, jugeant que la réponse de la communauté internationale aux violations des droits de l'homme avait été "scandaleuse et inopérante". "Les leaders mondiaux ont lamentablement échoué à protéger les plus démunis", accuse-t-il dans l'avant-propos du rapport.
Amnesty est particulièrement sévère envers l'Organisation des Nations unies (ONU). "Le Conseil de sécurité des Nations unies, un organisme qui a été créé pour protéger les civils et assurer la paix et la sécurité, a lamentablement échoué", a accusé Salil Shetty. Selon lui, "les cinq membres permanents (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie, NDLR), ont, à notre avis, constamment abusé du pouvoir et des privilèges du droit de veto pour promouvoir leurs propres intérêts politiques ou géopolitiques au détriment de la protection des civils".
Renoncer au droit de veto
Pour cette raison Amnesty promeut l'adoption d'un "code de conduite par lequel les membres du Conseil de sécurité décideraient de renoncer volontairement à faire usage de leur droit de veto pour bloquer l'action du Conseil de sécurité en cas de génocide, de crimes de guerre ou de crime contre l'humanité".
Cette proposition n'est pas nouvelle - la France notamment en défend une similaire, qui a jusqu'ici reçu le soutien de 70 pays - mais Amnesty espère faire progresser l'idée, forte du poids de ses 7 millions de membres de par le monde. "En renonçant à leur droit de veto, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité élargiraient la marge de manoeuvre des Nations unies et feraient clairement savoir aux responsables d'atrocités massives que le monde ne restera pas les bras croisés", a estimé Salil Shetty.
Enfin, Amnesty n'est pas optimiste quant aux perspectives pour les droits de l'homme en 2015, prévoyant que de plus en plus de civils se trouvent forcés de vivre sous contrôle de groupes armés brutaux et une aggravation de la crise humanitaire des réfugiés.













