"Une tentative de réécrire l'histoire américaine": l'administration Trump fait démanteler une exposition sur l'esclavage à Philadelphie, la mairie porte plainte
Des expositions traitant de l'esclavage et du fait que les Pères fondateurs possédaient des esclaves présentées à la "President's House" le 9 août 2025 à Philadelphie, en Pennsylvanie (États-Unis). - Photo par MATTHEW HATCHER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Une exposition en plein air relatant l'histoire de l'esclavage aux États-Unis a été démantelée dans un quartier historique de Philadelphie, s'est indigné ce vendredi 23 janvier le président du conseil municipal de la ville, berceau de la démocratie américaine.
"Il est totalement inacceptable que le service des Parcs nationaux, sous la direction du président Donald Trump et du ministre de l'Intérieur Doug Burgum, ait démantelé une exposition sur l'esclavage", a écrit sur son compte X Kenyatta Johnson.
La ville de Philadelphie a de son côté déposé plainte contre le service des Parcs nationaux. La plainte indique que "le service des Parcs nationaux a retiré (jeudi) des œuvres d'art et des panneaux d'information (...) faisant référence à l'esclavage".
Il s'agit d'"une tentative de réécrire l'histoire américaine" au détriment des Noirs, a estimé Kenyatta Johnson. "On ne peut effacer l'histoire simplement parce qu'elle est dérangeante", a-t-il ajouté.
Une exposition en place depuis 2010
L'exposition sur l'esclavage, intitulée "Liberté et esclavage dans la construction d'une nouvelle nation", était en place depuis 2010 à la "President's House" de Philadelphie, première résidence officielle du président des États-Unis quand la capitale fédérale se trouvait dans cette ville de Pennsylvanie.
Cet endroit, où a notamment résidé le premier président américain George Washington (et neuf de ses esclaves à qui l'exposition rend hommage), sera sous le feu des projecteurs en juillet à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance des États-Unis.
Selon la municipalité de Philadelphie, le démantèlement de l'exposition sur l'esclavage fait "vraisemblablement" suite à un décret signé par le président Donald Trump en mars pour "rétablir la vérité dans l'histoire américaine" et éliminer les "récits conflictuels". Ce décret citait en exemple, pour la dénoncer, l'exposition sur l'esclavage à Philadelphie.
"Censurer l'histoire de l'esclavage aux États-Unis est une trahison des principes de notre pays", a affirmé sur les réseaux sociaux le député démocrate Brendan Boyle. "Pour être à la hauteur des idéaux sur lesquels l'Amérique a été fondée, il est indispensable d'être honnête quant à notre histoire, tant sur le bon que sur le mauvais", a ajouté le parlementaire.












