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"Plus de 100 munitions de précision" employées, membres de l'EI tués... Ce que l'on sait des frappes américaines de "représailles" menées en Syrie

BFM Vincent Gautier avec AFP
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Le monde selon Trump
Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi des frappes en Syrie visant "plus de 70 cibles" de Daesh. Washington a clairement fait savoir qu'elles étaient des représailles en réponse à une attaque ayant coûté la vie à trois Américains le 13 décembre dernier.

Donald Trump avait promis une "riposte" des États-Unis après une attaque en Syrie qui avait coûté la vie à deux soldats et à un traducteur américains dimanche dernier. Elle est finalement intervenue dans la nuit de ce vendredi 19 à ce samedi 20 décembre et a visé "plus de 70 cibles à de multiples endroits dans le centre de la Syrie", comme l'a indiqué le Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.

"Nous frappons très fort contre des bastions de l'EI", a écrit le président américain sur Truth Social après l'annonce par le Pentagone du début d'une opération "massive".

• Au moins cinq membres de Daesh tués

D'après le Centcom, l'opération a impliqué des avions de chasse, des hélicoptères et de l'artillerie et "plus de 100 munitions de précision" ont été employées contre les positions de Daesh. Le but affiché par Washington? "Éliminer des combattants du groupe État islamique, des infrastructures et des sites d'armement", a fait savoir le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth.

S'inquiétant de "la recontruction des forces" de Daesh, la Jordanie a apporté son soutien à l'opération visant à "empêcher les organisations extrémistes d'exploiter" le sud de la Syrie pour lancer des attentats "menaçant la sécurité de ses voisins et de la région", a annoncé l'armée jordanienne dans un communiqué.

Ces frappes ont été menées dans le désert près de la ville de Homs et dans des zones rurales près de Deir ez-Zor et Raqqa, a affirmé à l'AFP une source sécuritaire syrienne. Aux explosions ont succédé "des éclats de tirs de calibre moyen dans le désert" au sud-ouest de Raqqa, a ajouté un responsable de la province, précisant qu'il s'agissait de zones sous le contrôle du gouvernement syrien.

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Selon un premier bilan dressé par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins cinq membres du groupe État islamique ont été tués dans les frappes dans la province de Deir ez-Zor. Parmi eux, figure "le chef d'une cellule" chargée des drones dans la zone, a précisé à l'AFP le responsable de l'ONG, Rami Abdel Rahman.

• "Une réponse directe" à l'attaque du 13 décembre

L'administration Trump a été claire sur les raisons de ces frappes: il s'agit d'une "réponse directe" visant l'organisation État islamique après l'attaque qui a fait trois morts américains, deux militaires et un traducteur, dans la région de Palmyre le 13 décembre.

"Ce n'est pas le début d'une guerre - c'est une déclaration de vengeance", a assuré Pete Hegseth sur les réseaux sociaux. "Les États-Unis d'Amérique, dirigés par le président Trump, n'hésiteront jamais et ne relâcheront jamais leurs efforts pour défendre leur peuple."

"Aujourd'hui nous avons traqué et tué des ennemis. Beaucoup d'ennemis. Et nous allons continuer", a-t-il encore assuré.

Attribuée à Daesh par Washington, l'attaque du 13 décembre n'a pas formellement été revendiquée par le groupe. Elle a été menée, selon les autorités syriennes, par un membre des forces de sécurité qu'elles avaient prévu de limoger en raison de ses "idées islamistes extrémistes".

• Damas "engagé à combattre" Daesh

Défait en 2019 par une coalition internationale en Syrie, le groupe État islamique continue sporadiquement de mener des attaques contre les forces de sécurité locales depuis la prise de pouvoir de la coalition islamiste du président Ahmed al-Charaa.

Depuis le 13 décembre, Daesh a ainsi revendiqué deux attentats, l’un ayant coûté la vie à quatre soldats syriens dans la province d’Idlib. Dans ses communiqués, l'organisation a qualifié les membres du gouvernement et de l'armée d'al-Charaa "d'apostats", souligne Associated Press.

Après l'attaque du week-end dernier, Donald Trump a affirmé que la Syrie combattait aux côtés des troupes américaines et qu'Ahmed al-Charaa, qui a rejoint la coalition internationale antijihadiste lors de sa visite à Washington le mois dernier, était "extrêmement en colère et perturbé" par l'événement.

Dans un communiqué publié sur X dans la foulée du lancement des frappes américaines, le ministère syrien des Affaires étrangères a estimé que l'attaque du 13 décembre "souligne l'urgence de renforcer la coopération internationale pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes" et que la Syrie est déterminée "à combattre Daech et à faire en sorte qu'il ne dispose d'aucun sanctuaire sur le territoire syrien".