30% de la population mondiale touchés par l'obésité ou le surpoids

La FAO et l'OMS pointent du doigt un système alimentaire trop industrialisé. - Spencer Platt - Getty Images - AFP
Sur la balance, plus de 2,1 milliards de personnes dans le monde - soit près de 30% de la population mondiale - sont en surpoids ou obèses. Une tendance qui touchera la moitié des adultes dans le monde d'ici 2030, selon une étude publiée jeudi.
L'obésité provoque quelque 5% des décès dans le monde et ce mal pèse autant sur l'économie mondiale que le tabac ou les conflits armés, selon l'enquête du McKinsey Global Institute.
Le document appelle à une "réponse coordonnée" des gouvernements, commerçants et acteurs du secteur agro-alimentaire affirmant que cela pourrait permettre à 20% des obèses de revenir à un poids normal en moins de dix ans.
Réduire les portions dans les fast-foods
Il cite ainsi 74 recommandations comme la réduction des portions dans les fast-foods, l'introduction d'aliments sains dans les écoles et la nécessité d'éduquer les parents.
L'obésité coûte, chaque année, 73,8 milliards de dollars en dépenses de santé publique et en perte de productivité économique.
Est considérée comme obèse, une personne dont l'indice de masse corporelle est supérieur à 30. Une personne en surpoids présente un IMC compris entre 25 et 30.
L'OMS et la FAO en guerre contre l'obésité
La FAO et l'OMS ont pointé du doigt mercredi à Rome un système alimentaire trop industrialisé qui ne parvient pas à éradiquer la faim et encourage l'obésité, nouveau défi pour la communauté internationale.
"Une partie de notre monde déséquilibré meurt encore de faim. Et une autre partie se gave jusqu'à l'obésité à tel point que l'espérance de vie recule à nouveau", a rappelé Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'ouverture de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition (CIN2).
Lors de la dernière conférence de ce genre en 1992, plus d'un milliard d'êtres humains ne mangeaient pas à leur faim. Aujourd'hui, ce total est tombé à 805 millions, alors même que la population mondiale a augmenté.
Un phénomène de "calories vides"
Dans un monde où les parents n'ont plus le temps de cuisiner, "il faut faire avec la nourriture industrielle. Leurs ventes montrent qu'il y a un marché, alors il faut les aider à préparer des plats moins gras, moins sucrés, moins salés, et à les rendre appétissants", a expliqué Margaret Chan.
Mais pour John Connelly, représentant de l'industrie de la pêche présent à la conférence au titre du secteur privé, l'obésité n'est pas due seulement à la production alimentaire, surtout dans les pays développés où l'activité physique a quasiment disparu.
"Dans les pays en voie de développement en revanche, il est clair qu'il y a un phénomène de 'calories vides', des aliments qui ne sont pas nourrissants", a-t-il reconnu en assurant que l'industrie cherchait à y remédier, ne serait-ce que pour éviter de se voir imposer à terme des normes trop strictes.













