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Une perte de 620 millions d'euros et 11.000 emplois menacés: le secteur des cosmétiques s'inquiète des conséquences des droits de douane en 2026

BFM Business HC avec AFP
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Le premier semestre a été morose pour le secteur des cosmétiques français, qui ont enregistré une baisse de 12% de leurs exportations vers les États-Unis. Et la tendance pour 2026 n'est guère plus engageante.

La fédération des entreprises de beauté (Febea) s'est inquiétée vendredi d'une perte potentielle de 620 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le secteur des cosmétiques en 2026 en raison des droits de douane aux États-Unis, selon son délégué général Emmanuel Guichard sur BFM Business.

"Les États-Unis, c'est la première destination des exportations des produits cosmétiques français", a-t-il rappelé, avec près de 3 milliards d'euros de produits exportés en 2024, dont pour moitié des parfums.

La Febea a commandé une étude auprès du cabinet Asteres pour chiffrer l'impact des droits de douane américains sur le secteur. Selon cette étude, "l'impact peut être de 21% d'exportations en moins vers les États-Unis, soit 620 millions d'euros de perte de chiffre d'affaires avec une menace sur 11.000 emplois, dont 2.700 emplois directs", a-t-il détaillé.

Des discussions autour d'un texte européen pour gagner en compétitivité

Sur le premier semestre, les exportations vers les États-Unis ont déjà chuté de 12% contrairement aux autres secteurs exportateurs français, a déploré le délégué général. Le secteur est pénalisé par la combinaison des droits de douane de 15% sur les cosmétiques (28 juillet 2025) ainsi que des droits de douanes additionnels de 50% sur les composants métalliques des emballages (19 août 2025), associés à la dépréciation du dollar face à l'euro, détaille un communiqué.

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Face à cela, Emmanuel Guichard a préconisé la mobilisation de la France pour voter un texte européen sur les cosmétiques : "à très court terme, il y a un texte en discussion au niveau européen (...) qui, s'il était voté, nous permettrait de gagner beaucoup de compétitivité à travers des réductions de tâches administratives sur nos ingrédients utilisés en cosmétique (...) et on voit que la mobilisation de la France est un peu ralentie" à cause de la situation politique.

"Il est vraiment important que l'ensemble des parties prenantes se mobilise pour nous aider sur cette simplification administrative mais aussi pour nous aider à trouver des nouveaux marchés" comme l'Inde ou l'Indonésie "pour lesquels nous devons signer des accords de libre-échange", a-t-il estimé.