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Mort du plus grand mathématicien du XXe siècle

BFM Magali Rangin avec AFP
Alexandre Grothendieck en 1970.

Alexandre Grothendieck en 1970. - Konrad Jacobs - Wikimedia - CC

Le plus grand mathématicien du XXe siècle, Alexandre Grothendieck est mort jeudi, en Ariège. Il était âgé de 86 ans.

Il était considéré comme le plus grand mathématicien du XXe siècle. Alexandre Grothendieck est mort le 13 novembre à l'âge de 86 ans, à l'hôpital de Saint-Girons en Ariège.

Souvent présenté comme l'un des plus grands mathématiciens du siècle, Alexandre Grothendieck s'était retiré en Ariège, à Lasserre, un petit village des Pyrénées d'à peine 200 habitants.

Mathématicien hors norme

Né le 28 mars 1928 à Berlin d'un père russe anarchiste de confession juive mort en déportation à Auschwitz et d'une journaliste très engagée, Alexandre Grothendieck avait lui-même été interné en camp de concentration avec sa mère pendant la guerre, à Rieucros, près de Mende. Il parvient ensuite à fréquenter le lycée, ainsi qu'il le raconte dans le texte autobiographique Récoltes et semailles, accessible en ligne.

"Je me rappelle encore la première "composition de maths", où le prof m’a collé une mauvaise note, pour la démonstration d’un des "trois cas d’égalité des triangles". Ma démonstration n’était pas celle du bouquin, qu’il suivait religieusement. Pourtant, je savais pertinemment que ma démonstration n’était ni plus ni moins convaincante que celle qui était dans le livre et dont je suivais l’esprit (...)." 

14 problèmes résolus en 6 mois

Inscrit en mathématiques à Montpellier après son bac, Alexandre Grothendieck rencontre les grands mathématiciens Laurent Schwartz et Jean Dieudonné. Ils lui confient 14 problèmes, à résoudre en plusieurs années, lui demandant de commencer par l'un d'entre eux. L'étudiant revient quelques mois plus tard avec tous les problèmes résolus. A 20 ans, il a rédigé l'équivalent de 6 thèses de doctorat. La légende est née.

Reçu en 1966 la médaille Fields, l'équivalent du prix Nobel pour les mathématiciens, il refuse de se rendre en URSS pour la recevoir. 

20.000 pages de notes dans des cartons

En 1970, le mathématicien hors norme rompt avec son milieu et fonde le groupe Survivre et vivre, une version radicale de l'écologie politique. Il quitte le Collège de France en 1972 pour retourner donner des cours à Montpellier, où il a commencé. Puis il rejoint le CNRS en 1984, jusqu'à sa retraite en 1988.

Après l'analyse fonctionnelle, il se tourne vers la géométrie algébrique, un domaine qu'il a révolutionné. Il est l'inventeur de la théorie de la cohomologie étale et ses contributions majeures aux mathématiques sont nombreuses. 20.000 pages de notes regroupées dans des cartons sont confiée à l'un de ses étudiants, Jean Malgoire, avec interdiction de les publier.

Depuis 1990, il vivait en reclus dans les Pyrénées, dans un village dont il voulait que le nom fut tenu secret.