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La justice suspend toute exportation de la machine à calculer inventée par Blaise Pascal mise aux enchères

BFM V.G. avec AFP
Une photo de la Pascaline à Paris, le 11 septembre 2025. (Photo d'archive)

Une photo de la Pascaline à Paris, le 11 septembre 2025. (Photo d'archive) - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Selon un communiqué du tribunal administratif de Paris, cette machine à calculer est "susceptible d'être qualifiée de trésor national", ce qui fait "obstacle à la délivrance d'un certificat d'exportation".

Le tribunal administratif de Paris a suspendu provisoirement ce mardi 18 novembre la délivrance d'un certificat d'exportation de la Pascaline, la machine à calculer inventée en 1642 par Blaise Pascal, qui doit être mise aux enchères mercredi après-midi à Paris.

"Au regard de sa valeur historique et scientifique", cette machine à calculer est selon le tribunal "susceptible d'être qualifiée de trésor national", ce qui fait "obstacle à la délivrance d'un certificat d'exportation", affirme un communiqué.

Cette décision provisoire, en attendant un jugement sur le fond, "interdit la sortie du territoire de la Pascaline". "Cette décision présente toutefois un caractère provisoire et ne vaut que jusqu’à l’intervention du jugement au fond", a rappelé le tribunal administratif.  

L'unique Pascaline d'arpentage

Estimée entre deux et trois millions d'euros, la machine, propriété d'un particulier, est l'un des huit exemplaires authentiques de cette époque dans le monde. La Pascaline mise en vente est l'unique Pascaline d'arpentage qui permet de calculer les pieds, les toises et les pouces. Deux autres types de Pascaline existent, certaines destinées au calcul de décimales, d'autres pour des opérations comptables, notamment monétaires.

Des opposants à la vente aux enchères prévue mercredi à 16 heures chez Christie's avaient saisi le tribunal administratif de Paris d'un référé suspension. Lors de l'audience qui s'est tenue mardi matin en urgence, les opposants ont fait valoir la valeur unique de cet objet.

"Cette machine a dû répondre à une commande particulière faite à Pascal", a détaillé Laurence Plazenet, présidente de la Société des amis de Port-Royal, évoquant Vauban, Artus de Roannez ou les frères Perrault, tous proches de Louis XIV. "Peut-on dire que cet objet est un objet indifférent ?", a-t-elle argumenté.

Un certificat d'extradition accordé en mai 2025

Les requérants ont également expliqué qu'ils s'attaquaient au certificat d'exportation du ministère de la Culture faute d'avoir eu la possibilité de lancer la démarche visant à inscrire la machine comme trésor national. Cette procédure aurait donné 30 mois aux institutions publiques pour trouver les moyens financiers pour racheter la Pascaline. Au-delà, elle aurait de nouveau été mise aux enchères.

Les associations disent avoir appris cette vente par la communication de Christie's, en septembre dernier. "Entre le 15 septembre et le 9 octobre, nous avons cru qu'il était possible de demander au ministère d'engager la procédure de classement", a relaté Jean-Michel Bismut, mathématicien membre de l'Académie des Sciences, Shaw Prize in Mathematics 2021, et professeur émérite à l'Université Paris-Saclay. Or, les opposant ont appris que le certificat d'extradition avait été accordé en mai 2025, rendant caduque leur démarche.

Le ministère de la Culture a défendu sa procédure arguant notamment du fait que, conformément à ce qui est prévu, deux experts - l'un du Centre national des arts et métiers, et l'autre du Louvre - avaient donné leur accord pour la délivrance de ce certificat.