En visite au château de Versailles, une historienne priée de taire ses explications

Photo de la galerie des glaces du château de Versailles. - Bertrand Guay- AFP
L'historienne de l'art Marie-Noëlle Grison a raconté sa mésaventure sur Twitter. Dimanche 29 octobre, elle se trouve en compagnie de trois amis américains au château de Versailles et leur explique "le concept de la marqueterie Boulle" quand un garde lui "tombe dessus".
"Très désagréable, il m'explique que je n'ai pas de droit de parole donc c'est interdit; il y a des guides et audioguides pour ça. Je proteste que je suis ici avec des amis et que je ne suis donc pas payée. Je fais juste mon boulot d'historienne de l'art", raconte-t-elle.
Sa réponse ne semble pas convenir au surveillant qui lui demande de quitter la salle. Sur les réseaux sociaux, l'historienne de l'art s'agace d'avoir été ainsi chassée alors qu'elle partageait simplement son savoir avec des amis.
"Franchement c'est désespérant. Si j'avais été un audioguide en plastique j'aurais eu le droit de cité", poursuit-elle.
"Le château de Versailles n'impose pas le silence à ses visiteurs"
En cause, la notion de "droit de parole", à savoir la possibilité de s'exprimer devant un groupe pour donner des explications dans un musée. Lundi, le château de Versailles a pris la parole sur son compte Twitter, précisant que "l'exercice du droit de parole est soumis à l'obtention préalable d'une réservation et d'une autorisation, afin d'assurer le confort de la visite".
Le château s'est ensuite excusé auprès de l'historienne en visite, assurant que "la parole reste libre pour le partage des savoirs". "Le château de Versailles n'impose pas le silence à ses visiteurs ni à ceux qui les accompagnent", a précisé le compte Twitter du monument.
Un droit qui protège les guides conférenciers
Dans les musées, le droit de parole est réservé aux guides conférenciers agréés, aux conservateurs de musées, détenteurs de la carte relais culturels ainsi qu'aux enseignants devant leur classe. Il est, dans les autres cas soumis à une autorisation spéciale.
Ce droit qui protège les professionnels est de plus en plus mis à mal. Des guides amateurs non agréés viennent désormais proposer leurs services sur des plate-formes en ligne, offrant parfois des visites de monuments à l'accès réglementé.











