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Reportages animaliers: quand la BBC "triche"

BFM Magali Rangin
Image extraite de la bande annonce de "Frozen Planet", le documentaire de la BBC

Image extraite de la bande annonce de "Frozen Planet", le documentaire de la BBC - -

Un caméraman de la vénérable chaîne a révélé mardi que de nombreux documentaires animaliers ne sont pas filmés en milieu naturel.

C'est un mythe qui s'effondre. La BBC, réputée pour la qualité de ses documentaires animaliers, truque fréquemment ses images. C'est ce qu'a révélé mardi un caméraman de la chaîne.

Doug Allan, qui défend les pratiques de la chaîne a ainsi admis que "de nombreuses scènes sont fausses". Indiquant également qu' "en fait, la plupart des tournages impliquant de petits animaux ne sont pas ce qu'ils semblent".

Bébés ours polaires

Par exemple, les animaux "plus petits qu'un bébé lapin" ne sont pas filmés dans la nature. "Vous ne pouvez pas faire un film sur les souris, juste en débarquant dans une prairie et en regardant des souris". "Il faut les placer dans un lieu sûr, où elles peuvent s'épanouir. Il faut beaucoup de talent pour faire cela".

En 2011, les Anglais avaient été émus par des bébés ours polaires nouveaux-nés miaulant et se blotissant contre leur maman, en plein Arctique dans Frozen Planet. Puis déçus d'apprendre la vérité: la scène avait en réalité été filmée dans un zoo néerlandais, avec de la fausse neige. Le documentaire commenté par Sir David Attenborough, scientifique et présentateur vedette de la BBC, était constitué d'images tournées dans le Grand Nord et de scènes prises en milieu artificiel.

La BBC "n'a pas géré au mieux" l'affaire

Doug Allan a affirmé comprendre la déception du public et estime que la BBC "n'a pas géré au mieux" l'affaire. Pour lui, la chaîne devrait mieux mettre en avant ses techniques de tournages pour éviter de décevoir les spectateurs. La BBC devrait être "fière" de la façon dont elle a recueilli les images, au lieu de cacher les explications sur son site web.

Le caméraman a comparé le tournage des documentaires à ceux de vrais films. Et défendu l'usage d'animaux en captivité dans des films sur la vie sauvage, tant que les producteurs précisent bien quelles scènes n'ont pas été tournées dans la nature.