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Les requins blancs confondent les humains avec leurs proies animales, selon une étude

BFM Hugues Garnier avec AFP , Journaliste BFMTV
Un requin blanc (Photo d'illustration).

Un requin blanc (Photo d'illustration). - Flickr - CC Commons - Elias Levy

Le prédateur marin, qui dispose d'une très mauvaise vue, ne parvient pas à faire la distinction entre un baigneur et une otarie.

De grosses dents, mais une petite vue. Le requin blanc, lorsqu'il attaque un humain, prendrait celui-ci pour l'une de ses proies habituelles. C'est en tout cas ce qu'avancent des chercheurs de l'Université Macquarie à Sydney en Australie.

Le plus souvent incriminés, les requins blanc, tigre et bouledogue, s'en prennent en majorité à des surfeurs. Si le requin blanc est réputé détecter des sons et odeurs à grande distance, de près on suppose qu'il fait surtout confiance à sa vue pour repérer et viser une proie.

Or le système visuel du requin est quasiment insensible à la couleur et a une très mauvaise capacité à distinguer les détails d'une forme. Son pouvoir de résolution, jusqu'à six fois inférieur à celui d'un humain, est encore plus faible chez les jeunes requins blancs, qui représentent le plus grand risque de morsures fatales pour les surfeurs, selon l'étude.

Pour tester la théorie de l'erreur d'identification, l'équipe de Macquarie a effectué des "vidéos prises du point de vue du requin, et les a traitées avec un programme de façon à mimer le système visuel du requin", et particulièrement sa capacité à distinguer une forme et son mouvement, explique Laura Ryan, autrice principale de l'étude parue dans Interface, une revue de la Royal Society.

"Nous avons attaché une GoPro à un scooter sous-marin et l'avons réglée pour qu'elle se déplace à une vitesse de croisière typique des requins prédateurs", développe la scientifique.

Les mouvements d'un nageur similaires à ceux d'une otarie

Pour cela, ils ont enregistré depuis le fond d'un bassin les images et vidéos d'un lion de mer et d'une otarie à fourrure, un mets de choix pour le squale, qui passeraient près de la surface, à quelques mètres au-dessus d'un requin. Ils ont ensuite comparé leurs signaux à ceux de nageurs et de surfeurs pagayant avec leurs bras, et avec ou sans battements de jambes, sur les trois grands types de planches de surf (longboard, shortboard et hybride).

Du point de vue d'un jeune requin blanc, les signaux de mouvement d'un nageur comme ceux d'un surfeur pagayant sur sa planche sont quasiment impossibles à distinguer de ceux d'un pinnipède, selon l'étude. A fortiori dans l'eau de mer, où la visibilité serait moindre que dans le bassin utilisé pour l'expérience.

Quant à la forme, un pinnipède aux nageoires repliées ressemble plus à un nageur ou à un surfeur sur sa shortboard qu'à un pinnipède aux nageoires déployées. "Les longboards ressemblent moins à une otarie", selon Laura Ryan, qui remarque pour autant qu'il "y a eu des incidents de morsures sur des longboards".

Une "erreur d'identification"

"Du point de vue d'un requin blanc, ni le mouvement ni la forme ne permettent une distinction visuelle sans équivoque entre les pinnipèdes et les humains", écrivent les auteurs de l'article. Ils en concluent que leurs travaux "soutiennent la théorie de l'erreur d’identification pour expliquer certaines morsures".

Les chercheurs vont maintenant essayer de déterminer si un "changement des signaux visuels de proies potentielles serait une technique efficace de protection contre les requins blancs", poursuit la scientifique. Avec pour impératif des solutions qui "empêchent non seulement les morsures de requins, mais qui ne mettent pas en danger d'autres espèces marines".

Si les attaques de requins demeurent rares, elles entretiennent, selon l'étude, un climat de peur "disproportionné", associé à l'ignorance sur les motivations de l'animal, notamment quand l'attaque n'est pas provoquée. Avec parfois pour conséquence des campagnes de chasse qui nuisent aussi à d'autres espèces.

Selon la WWF, les requins blancs sont les plus gros prédateurs du monde, connus pour arracher des morceaux de leurs proies, avant de les avaler entièrement. Malgré leur sombre réputation, les grands requins blancs sont une espèce vulnérable et leur nombre ne cesse de diminuer selon l'ONG.