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Strasbourg: le courrier du préfet aux mineurs interpellés le soir du Nouvel An divise

BFM Alsace Juliette Moreau Alvarez
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Le courrier adressé par le préfet du Bas-Rhin aux parents des mineurs interpellés le soir du Nouvel An à Strasbourg divise. Il est notamment contesté par certains responsables politiques.

Un courrier qui divise. Une semaine après les festivités de la Saint-Sylvestre, mardi 7 janvier, le préfet du Bas-Rhin Jacques Witkowski a fait parvenir une lettre aux parents des jeunes interpellés pendant les violences urbaines survenues à Strasbourg.

Un rappel des obligations parentales, soutenu et encouragé par le ministre de l'Intérieur, qui a fait réagir plusieurs habitants. Certains saluent cette remontrance. "À 9 ou 10 ans, on a rien à faire dehors jusqu'à minuit", estime un habitant du quartier de Cronenbourg à Strasbourg, touché par des heurts le soir du Nouvel An.

"On en revient toujours à la même chose, c'est une question d'éducation et de respect", tranche un autre habitante.

Le but du courrier remis en cause par l'opposition

Pourtant, le contenu de la lettre est aussi en partie dénoncé, notamment par l'opposition municipale. Si la préfecture prend les violences urbaines très au sérieux, elle évoque donc de possibles sanctions.

"J'appelle votre attention sur le fait que les agissements de votre enfant mineur sont susceptibles d'engager votre responsabilité", écrit Jacques Witkowski.

Pour les parents étrangers, le préfet va plus loin et les convoque. Il envisage "de procéder au réexamen de (leur) droit au séjour sur le territoire national" s'ils ne se présentent pas en préfecture, comme demandé.

Une position assumée, jugée excessive. Emmanuel Fernandes, député LFI de la 2e circonscription du Bas-Rhin, estime que le préfet outrepasse ses fonctions. "Il y a une justice dans ce pays qui existe déjà. Quand des délits sont commis, ils sont déjà sanctionnés, la loi doit être appliquée."

"Je ne suis pas certain que le fait que le représentant de l'État local, le préfet, écrive comme ça depuis son bureau un courrier de remontrance ait une quelconque utilité."

Selon Beauvau, aujourd'hui, le retrait d'un titre de séjour par le préfet est rendu possible depuis la loi immigration votée en 2024.