Le procureur de Toulon veut dénoncer les usagers de stupéfiants à leur employeur

Si vous êtes médecin, avocat ou encore employé de crèche, la justice toulonnaise informera votre employeur en cas de poursuite pour possession de drogue. Le procureur de la République de Toulon assume de cibler les consommateurs.
"Les personnes qui prennent des stupéfiants c'est un délit, ils sont coupables de fait. Donc ce n'est pas une histoire de culpabilisation morale, c'est donner du sens à toutes ces lois", indique Raphaël Balland, procureur de Toulon, au micro de BFM Toulon Var.
Ce dernier ne fait qu'appliquer une loi votée en 2016. Une décision qui va dans le bon sens pour les syndicalistes policiers, qui appellent à aller encore plus loin. "Saisissons tous les biens comme c'est déjà fait, continuons en ce sens, mais c'est de la répression qu'il faut", estime Julien Ventre, secrétaire départemental du syndicat de police UN1TÉ dans le Var.
"Est-ce que cela vaut le coup que son employeur soit au courant?"
Cette mesure vise les métiers dépositaires de l'autorité publique et s'applique même aux personnes qui ne sont pas au travail. L'idée soulève toutefois des questions.
"La difficulté qu'il peut y avoir, je pense, c'est la proportionnalité. C'est-à-dire qu'une personne qui va être attrapée, imaginons avec une boulette de cannabis qui en auraient fait un usage privé, est-ce que cela vaut le coup que son employeur soit au courant?", interroge Olivier Ferri, ex-bâtonnier de Toulon et avocat.
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, la consommation de drogue a augmenté de 6% en France en 2025.













