BFM Tech

Taxe lapin: Doctolib dit oui, mais à certaines conditions

BFM Business Kesso Diallo
placeholder video
Le patron de Doctolib a expliqué qu'il mettrait en place cette taxe destinée aux patients qui ne se présentent pas à leur rendez-vous médical uniquement si les médecins le demandent.

Faire payer les personnes qui n'honorent pas leurs rendez-vous médicaux. C'est l'idée du gouvernement avec la "taxe lapin" pour amender ces patients, mais cela n'enchante pas Doctolib. Sur BFMTV, son patron, Stanislas Niox-Chateau a déclaré qu'il pourrait la mettre en place, mais à certaines conditions.

"Si les soignants veulent la mettre en place, on le fera. Par contre, il ne faut pas que ça empêche l'accès aux soins. Il faut pas que ça crée de la charge administrative pour les patients", a-t-il expliqué ce jeudi 6 février.

Le PDG du site de prise de rendez-vous médicaux en ligne campe ainsi sur ses positions, ayant déjà indiqué en avril dernier qu'il ne fallait pas "créer un fardeau administratif nouveau pour les soignants et entraver l'accès aux soins" avec cette taxe.

Une plateforme à l'écoute des soignants

Pour Doctolib, le but est surtout de ne pas mettre en place la "taxe lapin" à la demande du gouvernement, soit de ne pas devenir "récolteur d'impôts". "Nous, on fait toujours ce que les soignants nous demandent. C'est la méthode qui est la mienne depuis 11 ans et qui restera la mienne. Moi, je travaille pour les soignants", a assuré Stanislas Niox-Chateau.

Il a d'ailleurs précisé que ctte taxe n'était pas la priorité des médecins, qui veulent plutôt avoir "plus de ressources humaines et technologiques pour prendre en charge les patients".

Ce ne serait également pas un problème de rendre l'empreinte bancaire obligatoire pour prendre un rendez-vous sur Doctolib, a affirmé son patron, vu qu'elle est déjà nécessaire pour les téléconsultations.

"Quand vous faites une téléconsultation (...) vous mettez déjà votre carte bancaire, il y a déjà un prélèvement pour la téléconsultation depuis 2019. Donc, on pourrait le faire. Ça dépend que des soignants", a rappelé Stanislas Niox-Chateau.

Il a en outre réitéré que Doctolib lutte contre l'abstentéisme avec de nombreux rappels. "Les soignants qui n'ont pas Doctolib, ils ont 8% de rendez-vous non honorés. Les soignants qui ont Doctolib, ils ont 4%. On a divisé par deux le nombre de rendez-vous non honorés en France. Pourquoi? Parce que le rendez-vous non honoré, c'est l'oubli.

"Vu le nombre de SMS, d'emails qu'on envoie et de rappels, difficile d'oublier", a expliqué le patron de Doctolib, rappelant aussi qu'il était possible d'annuler un rendez-vous, ce qu'il valait mieux faire au lieu de ne pas venir.