TikTok, un "cheval de Troie" chinois, pour le patron de la cybersécurité américaine

"Pourquoi inviteriez-vous le cheval de Troie à l’intérieur de la forteresse?" C’est la question que pose Rob Joyce, qui dirige la branche cybersécurité de l’agence nationale de sécurité américaine, la NSA.
"Pourquoi amèneriez vous ce potentiel aux Etats-Unis alors que la Chine peut manipuler la donnée que l’on voit aussi bien pour y incorporer ce qu’elle veut montrer à notre population — du contenu clivant — que pour en éliminer les éléments qui les présentent sous un mauvais jour, ce qu’elle ne veut pas révéler aux Américains?", a poursuivi ce responsable des services de renseignement, à une conférence organisée par le think tank Silverado à Napa, en Californie, où il s’exprimait lundi 27 mars.
Menace "tactique" imminente
Il s’est montré critique du gouvernement américain qui surveille la maison-mère de TikTok, le groupe chinois ByteDance, pour éviter selon lui un incident "d’ici dix ou vingt" ans, alors qu’elle représenterait une menace "tactique" imminente, comme le rapportent Bloomberg et Reuters.
Les personnalités politiques et des experts en cybersécurité ont exprimé à maintes reprises leurs inquiétudes quant à cette entreprise, qui possède également le réseau social chinois Douyin. ByteDance disposerait selon eux d’un accès privilégié aux données de ses 150 millions d’utilisateurs américains, et que les mesures envisagées ne seraient pas suffisantes contre les risques d’espionnage de Pékin.
La semaine dernière, l’audition du PDG de TikTok avait tourné à la séance d’interrogatoire musclé alors que Shou Chew tentait d’éviter le bannissement de son application aux Etats-Unis ou sa vente forcée.
Il a mis en avant un plan de séparation des serveurs américains, le projet Texas, des mesures pour préserver la santé mentale des jeunes, ainsi que l’absence de différence notable de TikTok avec les autres réseaux sociaux comme Facebook et Instagram.