"Application intentionnellement addictive": Tiktok poursuivi en justice par 13 Etats américains

Un énième procès. Ce mardi 8 octobre, treize Etats américains et le district de Columbia poursuivent Tiktok en justice, selon les informations relayées par le New York Times. Ils accusent l'application de vidéos courtes d'avoir créé une application "intentionnellement addictive" qui a nui aux enfants et aux adolescents tout en faisant de fausses déclarations au public sur son engagement en matière de sécurité.
"Tiktok connaissait les dommages causés aux enfants"
Concrètement, ils reprochent à Tiktok d'avoir conçu "sans relâche" des fonctionnalités qui incitent les internautes, et notamment les plus jeunes, à utiliser de manière intensive et compulsive l'application.
Tiktok "connaissait les dommages causés aux enfants", a déclaré Rob Bonta, procureur général démocrate de Californie au New York Times.
"Ils ont choisi l'addiction, l'augmentation de l'utilisation, l'augmentation du nombre d'yeux et l'augmentation des dommages mentaux et physiques pour nos jeunes afin d'obtenir des bénéfices - c'est vraiment aussi simple que cela."
Les Etats affirment que Tiktok envoie des notifications en continu, du contenu éphémère, comme des flux vidéo en direct, afin d'inciter les jeunes utilisateurs à rester sur l'application et leur faire perdre la notion du temps. Plus les utilisateurs restent longtemps sur l'application, plus Tiktok est en mesure de leur présenter des publicités ciblées.
Contrôle inefficace et filtres beauté
L'application aurait également induit les utilisateurs en erreur en leur proposant des outils de contrôle peu clairs ou inefficaces. Au coeur du problème, la limite imposée de 60 minutes quotidiennes aux utilisateurs de moins de 18 ans jugée trop facilement contournable, et certaines options jugées inefficaces pour sélectionner les vidéos dans le fil d'actualité.
"Le problème avec les médias sociaux, c'est que les parents n'ont pas les codes de Tiktok", détaille Brian Schwalb, procureur général du district de Columbia. "Il n'y a pas de transparence sur la manière de protéger leurs enfants."
Enfin, les filtres beauté sont pointés du doigt. "Tiktok est parfaitement conscient que ses filtres de beauté entraînent des troubles mentaux et physiques négatifs et malsains, mais choisit de les maintenir sur la plateforme malgré tout", précise l'Etat de New-York.
Une partie importante des actions en justice n'ont pas été rendues publiques, car elles contiennent des informations internes à l'entreprise. Les procureurs généraux ont déclaré "qu'ils s'efforçaient" de rendre ces informations publiques dans les mois à venir.
Une série d'actions en justice
Ce n'est pas la première fois que Tiktok connaît des démêlés judiciaires aux Etats-Unis. En août dernier, le ministère américain de la Justice a également porté plainte contre Tiktok, accusant la populaire application de "violation généralisée des lois sur la protection de la vie privée des enfants".
Le Congrès américain a également voté en avril un texte pour obliger Bytedance à vendre son application star dans les neuf mois suivants, au risque qu'elle soit interdite aux Etats-Unis. Le gouvernement et de nombreux élus l'accusent de récolter des données sur les citoyens américains pour Pékin, et estiment qu'elle représente une menace pour la sécurité nationale.
Les poursuites judiciaires des 13 Etats américains ne devraient pas être abandonnées si Bytedance vend Tiktok à un nouveau propriétaire. "À moins que les modèles commerciaux ne changent, il sera important pour moi, et je pense pour mes collègues des autres États, de tenir TikTok pour responsable, quel que soit son propriétaire", précise Brian Schwalb.
De son côté, Tiktok n'a pas répondu à une demande de commentaire du New York Times.