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Qu'est-ce que DAZN, le "Netflix du sport" qui veut récupérer les droits de la Ligue 1?

BFM Business Willem Gay
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Encore méconnu du grand public en France, le service de streaming britannique s’est positionné parmi les huit candidats à l’appel d’offres des droits TV pour la Ligue 1.

Et si un nouveau diffuseur venait coiffer le marché de la Ligue 1 sur les droits TV? DAZN -à prononcer "dezaune"- ne vous dit peut-être rien, et pourtant ce service de streaming britannique est déjà populaire en Europe. Sorti de terre en 2015 à Londres, l’ambitieux projet d’un "Netflix du sport" veut avoir une place de choix dans le sport français. La société s’est positionnée parmi les huit candidats à l’appel d’offres des droits TV pour la Ligue 1.

Pour orchestrer sa future montée en puissance dans l’Hexagone, DAZN a passé un accord avec Bouygues Telecom, la semaine passée, pour être intégré à son bouquet télévisé. Plus tôt dans l’été, le service de streaming a signé un partenariat privilégié avec Canal+ pour la diffusion de son contenu.

Omniprésent en Europe

DAZN est déjà omniprésent sur le marché du sport européen. Diffuseur principal du championnat italien (Serie A), la société britannique s’est intéressée à l’Allemagne (Bundesliga) puis à l’Espagne (Liga), dont il partage les droits TV avec Movistar+. Le groupe revendique quelque 60 millions d’utilisateurs dans le monde.

Omniprésent en Europe, il ne serait donc pas incohérent de voir débarquer la plate-forme en France.

"Il est naturel pour nous de vouloir nous développer en France", a indiqué à l’AFP Marc Watson, directeur commercial de la plate-forme. "La Ligue 1 est un bon produit et on pense qu’elle est un peu sous-évaluée, qu’il y a un potentiel de croissance à la fois en France et à l’international".

Outre le football, qui constitue sa principale activité, DAZN propose à la diffusion les Jeux olympiques, le Tour de France, trois des quatre tournois du Grand Chelem de tennis ou encore les sports américains (NFL, NBA et MLB) et la boxe, dans plusieurs pays européens.

"Six milliards de pertes"

Malgré toutes ses belles facettes, DAZN cumule aussi "près de six milliards de dollars de perte cumulée”, selon Pierre Maes, consultant en droits TV du sport et auteur du livre Le Business des Droits TV du Foot, dans une interview pour Ouest-France. Et pour l’instant, le "Netflix du sport" surnage grâce à l’investissement colossal de son propriétaire ukrainien, Leonard Blavatnik. Ce dernier, dont la fortune est estimée à 29,7 milliards de dollars, n’hésite pas à mettre la main à la poche pour pallier le déficit de DAZN.

"Il a remis au pot plus de 4 milliards de livres il y a de cela un an et demi. Pour le moment, ils (DAZN, ndlr) ont tout payé mais sont très dépendants de ce mécène. Ils annoncent atteindre leur point d’équilibre maintenant pour dégager du profit en 2024. Mais cela fait longtemps qu’ils le promettent", souligne Pierre Maes à Ouest-France.

"Nous avons investi beaucoup d’argent pour développer une plate-forme performante avec des contenus premium", défend Shay Segev, le PDG de la plate-forme pour l’Équipe. "Maintenant que ce travail est fait, nous nous concentrons sur la durabilité. Il n’y a aucune inquiétude quant à notre viabilité. L’entreprise atteindra même le seuil de rentabilité au quatrième trimestre de cette année (2023, ndlr)".

Forcément, le fiasco MediaPro est sur toutes les lèvres.

Le 12 septembre dernier, la Ligue de football professionnel (LFP) avait mis à prix la Ligue 1 pour les diffuseurs français à 800 millions d'euros par saison. Ce lundi, huit sociétés ont manifesté leur intérêt. Réponse ce mardi.