CES 2026: Intel préparerait une version spéciale de ses derniers processeurs pour tenter de détrôner AMD du marché des Steam Deck et autres Rog Ally

Que ce soit dans le Steam Deck, la Rog Ally d'Asus, la Legion Go de Lenovo et même la dernière version de la MSI Claw, on trouve une puce AMD. Un constat amer pour Intel, qui a vu lui échapper un marché aujourd'hui particulièrement porteur - même si cela reste de niche: celui des consoles portables PC.
Pour tenter d'inverser la tendance, l'entreprise a annoncé au CES 2026, son intention de développer une plateforme dédiée à ces produits, et basée sur ses dernières puces connues jusqu'à il y a peu sous le nom de Panther Lake.
Selon IGN, en plus de faire en sorte que ses puces Core Ultra Series 3 puissent offrir "de meilleures performances graphiques" en mobilité, Intel aurait travaillé à développer une version dédiée aux consoles portable de sa nouvelle génération puce, sous le nom d'Intel Core G3.
Le géant de Santa Clara aurait d'ailleurs noué des partenariats avec de grands noms du secteur comme Acer, MSI, et, bien sûr, Microsoft, sans oublier d'autres acteurs peut-être moins connus du grand public mais très importants: CPD, Foxconn ou encore Pegatron.
Une nouvelle génération taillée pour cette bataille?
Sur le papier, les Core Ultra Series 3 ont effectivement de beaux atouts en main. A commencer par le fait qu'ils soient fabriqués grâce à la technologie Intel 18A. Cela permet à Intel de parfaitement maîtriser la conception et l'assemblage des puces. Tout en assurant en théorie, d'après les documents d'Intel, des gains de performances par Watt qui peuvent monter jusqu'à 15%, tandis que la densité de transistors peut, elle, être revue à la hausse à hauteur de 30%.
Ensuite, la Series 3 bénéficie de la dernière génération d'E-cores, nom de code Darkmont, de P-core, nom de code Cougar Cove, et d'une partie iGPU, puce graphique intégré, nouvelle, elle aussi.
C'est aussi une des premières fois qu'Intel a conçu sa puce pour "être évolutive", pour être facilement déclinée sur différents types de support/facteur de forme, comprenez du PC classique à l'ultraportable, en passant par le PC-console, par exemple.
Et justement pour les clones des Steam Deck, la partie graphique est essentielle... Or, l'offre cette année place la barre très haut. Avec l'Arc B390, modèle à 12 coeurs Xe (ceux de l'iGPU) le plus performant, et ses déclinaisons dotées de moins de coeurs, Intel promet de très belles choses...

Des gains en performances graphiques allant jusqu'à 77% d'une génération à l'autre pour le modèle 12 coeurs dans un Intel Core Ultra haut de gamme, le X9 388H (avec une consommation à 45 W), avec une moyenne à 73% d'amélioration de performances sur une quarantaine de jeux très courus. Pour mémoire, lorsque ces puces Panther Lake ont été dévoilées en octobre dernier, Intel annonçait des gains de performances en jeu de 55% par rapport à la génération précédente, appelée Lunar Lake...
Des pourcentages impressionnants en soit, et qui devront être vérifiés par des tests poussés, puisqu'ils émanent d'Intel. Toutefois, les iGPU, de la génération précédente de processeurs Intel étaient déjà parmi les meilleurs du marché... La montée en puissance est donc significative et pas forcément une surprise.
Par ailleurs, Intel sait qu'il joue gros ici et ne peut se permettre d'être pris en défaut, surtout quand il se trouve à la fois dans le rôle du colosse (aux pieds d'argile, il est vrai) et du Petit Poucet sur le segment des Steam Deck-like...
Quoi qu'il en soit, l'Arc B390 semble devoir tenir la promesse du jeu en 1080p avec un nombre d'images par seconde élevé, gage de fluidité et de plaisir de jeu, dans une définition confortable, et particulièrement adaptée aux Rog Ally et à leurs concurrents...
Evidemment, tout dépendra du nombre de coeurs graphiques, de la quantité d'électricité qu'on leur laissera consommer et aussi de la manière dont ils seront refroidis. Sans oublier, une fois encore, la capacité d'optimiser le logiciel, pour notamment faire en sorte que les jeux puissent tirer le meilleur parti de ce potentiel. Sur ce point Intel est conscient de ses faiblesses et travaille d'arrache-pied depuis le lancement des architectures Arc. Mais il a sans doute encore du travail à faire, puisque c'est une tâche sans fin...

Intel face à l'archi-domination d'AMD et un nouveau concurrent?
Intel n'est toutefois pas rentré dans les détails auprès de nos confrères d'IGN, mais la nouvelle est bonne, même si le chemin à parcourir reste immense, tant AMD est à son affaire sur ce type de format, avec des performances solides et reconnues.
Intel avait déjà tenté l'aventure des consoles portables PC avec MSI. Mais les quelques modèles équipés de ses puces n'étaient pas parvenus à convaincre, que ce soit pour l'autonomie ou même les performances en jeu. La faute à une architecture qui n'était pas totalement adaptée, entrée au chausse-pied, et surtout à un problème d'optimisation, comme le prouve d'ailleurs les gains en performances au fur et à mesure des mises à jour des pilotes. MSI avait toutefois fait le choix de proposer un modèle sous puce AMD par la suite.
Avec les consoles portables PC, il semble que Intel ne veuille pas répéter les erreurs de l'ère des smartphones. En 2012, l'entreprise - qui traverse toujours une mauvaise passe financière - avait proposé en marque blanche auprès de certains opérateurs des smartphones équipés d'une de ses puces. Le résultat n'avait pas été à la hauteur, notamment en matière de compatibilité avec les applications mobiles de l'époque. Cela avait signé la fin de l'entreprise dans ce secteur.
En dépit de ces errements, la prise de conscience d'Intel concernant les consoles portables PC peut être salutaire: avoir des concurrents ne fait jamais de mal, et la société a montré qu'elle a du répondant. Sur le secteur des cartes graphiques, ses modèles Arc ont été salués pour leurs performances et un suivi logiciel au rendez-vous, en plus d'une tarification avantageuse.
Mais Intel n'est pas la seule entreprise à vouloir sa part du gâteau: Qualcomm doit également dévoiler ses arguments en la matière lors de la Game Developers Conference de mars 2026. Le leader des puces sur smartphone pourrait bien frapper un grand coup, à condition de résoudre l'équation logicielle, qui a été assez problématique sur ses PC Windows.