Pourquoi les 180.000 pass sanitaires frauduleux sont toujours fonctionnels

Le 21 décembre, le gouvernement annonçait 182.000 pass sanitaires frauduleux découverts au fil de quelque 400 enquêtes policières. Mais comme le relève le site spécialisé Numerama, une large partie d’entre eux est toujours active.
Sur la plateforme GitHub, le spécialiste en cybersécurité Piotr Chmielnicki diffuse en temps réel le nombre de pass sanitaires placés sur liste noire. Il s’agit des QR Codes désactivés par les autorités, désormais détectés comme frauduleux sur TousAntiCovid et TousAntiCovid Verif - par exemple lors d’un contrôle à l’entrée d’un restaurant. Ce jeudi 30 décembre, moins de 4.000 QR Codes étaient révoqués.
Deux procédures habituelles de révocation
Comme le confirme le secrétariat d’Etat au numérique à BFMTV, ces 4000 QR Codes révoqués n’ont aucun lien avec les 182.000 pass sanitaires frauduleux. Ils émanent en fait des deux procédures habituelles permettant de révoquer un QR Code.
La première est destinée au grand public: à tout moment, chacun peut contacter les équipes de TousAntiCovid pour faire révoquer son QR Code, par exemple si celui-ci a été partagé par erreur sur Internet. Une connexion au site attestation-vaccin.ameli.fr génère automatiquement un nouveau QR Code.
La seconde procédure concerne les professionnels de santé, qui peuvent révoquer n’importe quel pass sanitaire, par exemple en cas de faute d’orthographe liée à un nom ou un prénom.
Supprimer les faux cycles vaccinaux
Mais pour les autorités, le cas des 182.000 pass sanitaires frauduleux est bien plus sensible. Si quelques cas concernent l’utilisation du QR Code d’un proche constaté en flagrant délit, la majorité sont liés à des professionnels de santé véreux ayant créé de faux cycles vaccinaux, ou au piratage de comptes de médecins ou d’infirmiers.
“Dans ces cas, mettre le QR Code sur liste noire n’a pas grand intérêt, dans la mesure où un nouveau code peut être généré en quelques secondes. L’enjeu se situe au niveau de l’Assurance maladie, qui doit traiter le problème à la racine en supprimant le cycle vaccinal de ses systèmes. Mais pour effectuer cette opération, il est impératif d’être certain que les individus concernés n’aient jamais été vaccinés” précise le secrétariat d’Etat au numérique, interrogé par BFMTV.
Pour le gouvernement, de telles précautions sont indispensables. D’abord pour éviter d’éventuels recours en justice, ensuite pour ne pas commettre d’erreur en supprimant le dossier d’une personne vaccinée par un médecin qui aurait par ailleurs fourni de faux pass vaccinaux.
La mise sur liste noire des milliers de pass sanitaires frauduleux pourrait donc s’étaler sur de longs mois, suivant l’avancement des différentes enquêtes.