Aspirateurs robots sur jambes, olfactifs, plus intelligents ou roulants: le ménage entre dans une nouvelle ère... et votre maison

De salon tech en salon tech, les aspirateurs-robots savent voler la vedette, étalant sous nos yeux des innovations de plus en plus folles et toujours plus improbables, mais utiles. Enfin, presque toujours. Ce n’est désormais plus seulement une question de surenchère de puissance, même si on arrive à des modèles à plus de 30.000 Pa de puissance d'aspiration chez Ecovacs, Mova ou encore Roborock pour rivaliser avec les aspirateurs-balais. Les appareils s’émancipent, gagnent en autonomie, en intelligence et en motricité aussi.
Le CES 2026 de Las Vegas a franchi un cap, avec des produits qui ont regorgé d’idées pour se démarquer. Après le bras articulé pour ramasser les chaussettes et autres mini objets (qui peuvent désormais être soulevés et reposés pour nettoyer le sol en dessous), voici venue la possibilité de se mouvoir plus facilement et, surtout, de partir à l’assaut des escaliers. À l’IFA de Berlin, ce fut sur des sortes de traîneaux que l’on vit chez Dreame et Eufy des aspirateurs-robots tenter l’ascension. Un système lent, encombrant et pas forcément adapté à des escaliers raides ou tournants. À Las Vegas, la mobilité a été repensée chez bon nombre de fabricants pour venir à bout de l’une des dernières contraintes: les étages.
Monter les marches, le challenge ultime
Roborock a marqué les esprits avec son Saros Rover, un robot aspirateur équipé d’une combinaison de roues et de jambes articulées qui va lui permettre de franchir des marches ou obstacles, de progresser sur des surfaces irrégulières et même de naviguer dans des logements à plusieurs niveaux sans intervention extérieure. Simplement, en déployant ses jambes et en faisant preuve d’une exceptionnelle motricité pour ce type d’appareil. Une option plus pratique que le Cyber X de Dreame, avec son véhicule à chenilles qui permet de monter et descendre des escaliers droits. Sinon, vous avez la solution de Mova: un drone capable de s’accrocher à son Pilot 70 pour le transporter à l’étage supérieur. Le tout dans un brouhaha qui donne envie de le laisser fonctionner en étant loin de chez soi…

Globalement, de nombreux modèles, même classiques, sont désormais équipés pour surmonter des obstacles de 4 à 6 cm en moyenne, de quoi passer les pieds de chaises tubulaires ou les seuils de porte. Beaucoup d’appareils parviennent aussi à rentrer leur lidar ou à abaisser l’ensemble pour mieux passer sous des meubles et aller aspirer là où la poussière se niche.
Plus rien ne peut désormais stopper les aspirateurs robots dans la continuité de leur tâche, si ce n’est leur manque de capacité à bien juger des situations. Mais sur ce point aussi, les marques ont fait des progrès. L’IA embarquée s'améliore et ne sert plus seulement à parfaire la navigation et la reconnaissance d’objets. Les robots comprennent désormais la situation et ce qu’ils voient.
Le Bespoke AI Jet Bot Steam Ultra de Samsung sait identifier des personnes, des animaux, objets et zones liquides ou sensibles. Il va adapter son comportement pour contourner ou bien accentuer le nettoyage si besoin. L’Omni S2 d’Eufy sait identifier des dizaines de catégories de tâches à réaliser, mais aussi des centaines d’objets, afin de mieux adapter sa puissance, le lavage ou son itinéraire de manière plus instinctive. Les erreurs et blocages récurrents entre les meubles, face à un miroir ou en raison d’une surface trop sombre, sont en passe de n’être que de mauvais souvenirs.
Optimiser le lavage intelligemment
Chez Narwal, le Narmind Pro utilise des modèles de langage visuel pour comprendre le contexte. Il peut identifier un liquide renversé et adapter le débit d’eau à utiliser pour simplement laver. Ce surcroît d'intelligence autorise un meilleur contrôle de l'aspiration, du lavage et même de la désinfection, et pour cela, le système de nettoyage change aussi. La simple serpillière avait déjà laissé sa place sur les modèles plus avancés aux deux patins rotatifs ou à une serpillière à vibrations. Désormais, c’est le rouleau motorisé (baptisé roller mop) qui se généralise, inspiré (ou repris) des nettoyeurs de sol type Tineco.
Son atout: il est capable de frotter le sol en continu, de ne pas éparpiller les liquides, comme le font les patins, grâce à une lame de protection qui empêche les fluides de passer.
Le Robotin R2, lui, ne se contente pas de soulever sa partie lavante quand il arrive sur un tapis ou une moquette. Il est armé pour les nettoyer en profondeur grâce à un lavage en trois étapes.

Les stations aussi font un bond en avant. En redevenant, quand cela est possible, plus compact tout en conservant leur fonction 2 voire 3-en-1. En plus d’aspirer les poussières du bac du robot, des modèles comme le Qrevo Curv 2 Flow ou l’Ecovacs Deebot X12 OmniCyclone vident l’eau sale et la remplacent par de l’eau propre, mais sont aussi capables de rincer le système de lavage et de le faire chauffer à l’air chaud dans la station. Certaines bases chauffent l’eau jusqu’à 100° pour stériliser les brosses avant de sécher à l’air chaud pour éviter toute odeur. La corvée de l’entretien manuel tend à disparaître pour ne laisser que celle de vider le réceptacle à poussière ou à eau sale de loin en loin.
D’autres modèles jouent la carte différenciante dans un marché où les marques et références se multiplient comme des petits pains, frôlant la saturation. Samsung opte pour une désinfection renforcée de ses appareils phares. En plus de pouvoir grimper les marches, le Eufy S2 mise sur l’aromathérapie — déjà présente sur certaines bases de recharge d’aspirateur-balai — en diffusant un léger parfum durant le nettoyage. Le Switchbot K20+ Pro intègre des plateaux pour transporter des objets tout en étant à sa base un aspirateur robot.
De l'intérieur à l'extérieur, un écosystème pour tout faire
Le lavage devient une histoire plus large que des appareils tout attelés à leurs tâches. On a ainsi vu le Clutterbot Rovie ouvrir la voie avec sa pelle à l’avant. Lui n’aspire pas, ne lave pas non plus, mais sait ramasser les petits objets qu’il aperçoit grâce à ses deux balais latéraux tels des bras. Plusieurs marques font fonctionner des robots en écosystème comme Ecovacs qui peut lancer le robot aspirateur, le robot lave-vitres et le robot de piscine en même temps.

Mova multiplie ses technologies et les redistribue. Un bras pour attraper des chaussettes? Et pourquoi n’œuvrerait-il pas dans la piscine aussi, sur un robot adapté, pour ramasser des objets au fond de l’eau ou bien vous apporter un verre? Tout est possible quand la technologie est là. Il en va de même pour les robots tondeuses de Roborock qui profitent de l’expérience et des meilleures fonctions des robots d’intérieur pour optimiser l’extérieur.

Le CES 2026 va marquer un tournant dans l’univers des aspirateurs robots. Désormais, l’objectif principal des marques est de proposer des appareils permettant de mieux se déplacer, mieux comprendre l’environnement pour proposer un nettoyage optimisé. Mais derrière ces promesses d'autonomie et d'intelligence, un même objectif, faire que les robots soient plus efficaces, et se fassent oublier.