Les gendarmes peuvent désormais détecter les logiciels espions sur nos téléphones

Un simple passage de son smartphone devant la tablette et, après quelques minutes, celle-ci s'illumine de vert. Ouf, aucun logiciel espion n'a été détecté. Ce dispositif, sobrement baptisé "Détecter un logiciel espion" est disponible dans plusieurs brigades de gendarmerie des Yvelines, dans le cadre d'une première expérimentation.

Une manière simple et pratique de lutter contre un nouveau fléau: ces petites applications, facilement trouvables sur internet et utilisées pour espionner son (ou sa) conjoint(e).
Cette activité, illégale, inquiète les gendarmes, surtout dans le cadre des violences intrafamiliales. "Nous avons de plus en plus de personnes qui ont des suspicions" souligne auprès de Tech&Co Arnaud Conchaudron, référent sûreté pour le Groupement de gendarmerie départementale des Yvelines.
"Alors la gendarmerie a saisi toutes les opportunités pour pouvoir libérer la parole."
Apporter des éléments de preuves
La fameuse tablette a été développée par le groupe La Poste, qui se targue d'une solide expertise dans la cybersécurité. Sans se connecter au smartphone ni en installant un quelconque programme, elle est capable de détecter les comportements anormaux. "On analyse uniquement les données qui sortent du téléphone en wifi" explique à Tech&Co, Cyrille Tesser, le chef de projet chez La Poste.
"Est-ce qu'un SMS part dans une direction ou deux directions? Si je prends une photo, va-t-elle automatiquement vers un serveur extérieur?"
Autant de signaux qui permettent de constater la présence d'un logiciel malveillant.
Et qui permettra ensuite de déclencher des poursuites judiciaires. "Analyser le téléphone d'une victime, c'est apporter des éléments de preuves pénales qui permettront de confondre les auteurs et de la conforter dans son statut de victime" souligne de son côté Vincent Roche, le patron des gendarmes des Yvelines.
D'autres champs d'application
En réalité, la tablette surtout à la levée de doutes pour rassurer une personne inquiète. "depuis juin dernier, nous avons procédé à un peu plus de 200 détections. Fort heureusement, on a eu un taux de compromissions qui est assez faible" souligne Arnaud Conchaudron.
L'expérimentation va bientôt être étendue aux entreprises et dans certains bureaux de poste des Yvelines. Avec, en ligne de mire, d'autres champs de possibilités, à commencer par les collégiens et lycéens qui peuvent facilement voir leur smartphone être piraté par de simples téléchargements sur des messageries.