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Le cofondateur du "Tinder de la présidentielle" devient conseiller de la porte-parole du gouvernement

BFM Business Anaïs Cherif
L'application Elyze, lancée en janvier 2022.

L'application Elyze, lancée en janvier 2022. - ElyzeApp

Lancée en janvier 2022, l'application Elize avait été accusée de favoritisme et soulevé des craintes concernant la collecte des données personnelles.

Le co-fondateur de l'application Elyze, Grégoire Cazcarra, rejoint le cabinet d'Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, en tant que "conseiller communication numérique".

Sa nomination a été annoncée au Journal officiel du 14 juin, et relayée sur Twitter par Ilyes Ramdani, journaliste à Médiapart.

Agé de seulement 22 ans, il est diplômé de Science Po et était jusqu'ici étudiant à l'ESCP Business School. Il est également président-fondateur du "mouvement citoyen Les Engagés !", qui se dit pourtant "apartisan".

ElyzeApp, le "Tinder de la présidentielle"

Avec trois amis, il a lancé en janvier 2022 l'application Elyze. Le but affiché: "réconcilier les jeunes avec le vote" pour tenter de lutter contre l'abstention lors de l'élection présidentielle, qui s'est tenue en avril.

Concrétement, l'utilisateur devait répondre "oui", "non" ou "ne sait pas" à une série de propositions issues des programmes des candidats officiels à l'élection présidentielle. L'algorithme était ensuite chargé de classer les candidats par ordre d'affinité avec les internautes. L'appli s'est rapidement vue surnommée le "Tinder de la présidentielle".

En quinze jours seulement, l'application avait dépassé le million d'utilisateurs, selon les chiffres communiqués par ses créateurs. Mais rapidement, elle a été soupçonnée de proposer des résultats biaisés.

Lorsqu'un utilisateur se déclarait favorable à toutes les propositions, celle-ci affichait Emmanuel Macron comme le premier candidat "compatible". En cas d'égalité entre les candidats, le président sortant était de nouveau placé en tête, comme l'ont relayé plusieurs utilisateurs sur Twitter à la mi-janvier.

Les fondateurs de l'application, après avoir corrigé le problème, avaient assuré dans un communiqué, que la plateforme était "strictement neutre et apartisane". "Aucun candidat ou candidate ne bénéficie du moindre traitement de faveur" avaient-ils ajouté.

Appel à désinstaller l'application

Des inquiétudes avaient également été soulevées quant à la collecte de données personnelles via l'appli, poussant la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) à se saisir du sujet.

Suite à l'annonce de la nomination de Grégoire Cazcarra, des appels à désinstaller l'application commencent à fleurir sur Twitter - portés notamment par Mathis Hammel, développeur, qui avait détecté une faille de sécurité dans l'application en janvier.

Sur Twitter toujours, Grégoire Cazcarra commencait à laisser des traces de son engagement politique - ses derniers "J'aime" étant apposés sur des publications d'Olivier Véran.